Notre ennemi, c’est le changement climatique !

Notre ennemi, c’est le changement climatique…

…et le changement climatique, c’est maintenant !

Réduction de 30 % des émissions de GES en 2030 : est-ce suffisant ?

Les déclarations récentes du président Obama montrent à quel point il sera difficile aux Etats-Unis d’Amérique d’amorcer une trajectoire de réduction rapide des Gaz à Effet de Serre (GES). En effet, non seulement les conditions politique ne sont pas encore réunies pour prendre sereinement cette décision de réduction de 30% dès 2030 et l’appliquer dans un pays dont la puissance économique dépend directement des énergies fossiles, mais les études du GIEC [1] et de SLC [2] démontrent que cet objectif, partagé avec la Chine, de réduction des émissions de GES de 30 % en 2030 est nettement insuffisant par rapport à ceux affichés par le G7 et inspirés de ceux de la France et de l’Union Européenne, dans la perspective de la COP21 [3], à savoir limiter le réchauffement climatique à une température moyenne de 2°C.

Sans conjugaison de mesures pragmatiques et réalistes, les engagements de réduction rapide des émissions n’ont aucune chance d’être tenus : les conséquences seront un changement climatique catastrophique [4], ce qui risque de nous conduire à adopter des mesures bien plus radicales, dont :

– une fiscalité écologique punitive, à savoir une taxe carbone mondiale, ou bien une taxe carbone par zone d’échange économique, dès que les dommages économiques seront avérés, ce qui risque de privilégier une logique de division, en plus d’être brutal et inéquitable envers les économies les plus fragiles ; une manière intelligente de créer cette taxe serait de la substituer aux impôts sur les revenus et aux taxes sur la valeur ajoutée: il faut taxer la pollution, pas les fruits du travail.

– une justice climatique radicale , lorsqu’il sera établi, mais il est malheureusement déjà possible de le constater, que l’absence de volonté politique suffisante pour réduire rapidement les émissions de GES n’est pas seulement une faiblesse collective, mais aussi la conséquence d’actions de certains acteurs politiques et économiques, qui seront qualifiées de criminelles dès qu’auront été établies la responsabilité et le choix délibéré d’ignorer les avertissements de la communauté scientifique. Ces acteurs ne se rendent peut-être pas compte que souhaiter ou prendre le risque d’un échec de la COP21, ou même d’un accord a minima, enclenchera automatiquement et immédiatement, dès 2016, une radicalisation des positions des deux camps, matérialisant ainsi une fracture profonde qui se dessine dans la société mondiale entre d’une part, les acteurs de la lutte contre le changement climatique, et d’autre part, différents mouvements de réaction ou de déni face à cette révolution, alors qu’il faudrait au contraire que l’humanité s’unisse face à cet ennemi.

Cet ennemi, nous le connaissons, nous l’avons créé : il n’a pas de visage, pas de nom, pas de parti. Souvent invisible, il agit au grand jour : il ne présentera jamais sa candidature, il ne sera pas élu. Et pourtant, il gouverne !

Notre ennemi, c’est le changement climatique.

Si nous n’obtenons pas sa tête à la COP21, c’est lui qui dominera le monde. En 10 ans, le changement climatique va prendre le contrôle de nos vies. En une fraction de seconde, il sera capable de déplacer des sommes astronomiques, de faire tomber des banques, des régions entières, voire des pays entiers. En 2030, il aura gagné la partie. Il sera trop tard : les COP se seront succédées sans résultats tangibles. Des dizaines de réunions de la dernière chance n’auront jamais rien donné. Le changement climatique ne suit aucune règle, aucune morale, aucun contrôle. Il n’a aucun objectif, mais une trajectoire : la raréfaction des ressources, la réduction des terres habitables et des espaces naturels, l’extinction massive des espèces et, si nous sommes faibles, la disparition rapide d’une grande partie de l’humanité. Face à cette violence aveugle, l’humanité dispose de plusieurs armes : volonté, intelligence, solidarité.

Nous voyons désormais que de grandes migrations telles qu’en a connues le monde occidental à la chute de l’Empire Romain sont toujours possibles. Les migrations actuelle, constituées essentiellement de réfugiés de guerre, ne sont rien comparées aux migrations climatiques de millions de réfugiés climatiques qui sont envisagées dès 2030.

Mais un nouvel espoir est possible.

Il est temps de déclarer au niveau mondial l’état d’urgence climatique et d’encourager les dirigeants à prendre et faire respecter, en plus des engagements nationaux de réduction de GES, des mesures concrètes de réduction rapide de l’utilisation des énergies fossiles.

Afin de contourner la difficulté actuelle pour engager tous les pays vers une réduction des émissions globales de GES suffisante pour éviter un réchauffement climatique catastrophique de plus de 2°C, nous rappelons ses propositions concrètes et pratiques [5].

1. Toute centrale électrique nouvelle utilisant des combustibles devra totalement compenser ses émissions.

2. Tout véhicule neuf devra émettre moins de 20g de CO2/km/passager, ou une norme équivalente pour les transports de marchandises.

3. Les impôts sur les revenus et la valeur ajoutée seront progressivement modifiés d’ici 2025 pour taxer in fine la pollution, c’est-à-dire la quantité de GES émise dans l’atmosphère.

4. L’ensemble des politiques publiques et des moyens publics sera mobilisé dans un effort historique pour l’atteinte de ces objectifs.

Ces mesures devront être appliquées, au plus tard, dès 2020, dans tous les pays, et 2017 dans les pays développés (OCDE + BRIC). Sans cela, le budget carbone ne sera pas respecté et nous serons contraints d’utiliser la voie juridique au lieu de la politique.

En France, cela implique une modification de la loi LTECV (Loi sur la transition énergétique et la croissance verte) [6], pour créer plus d’emplois comme démontré dans le scénario RESSEC 2050. A la COP21, cela implique une action concertée de nombreuses ONG, mais aussi des partis et des personnalités politique, ainsi que l’engagement de nombreux volontaires pour renforcer les associations et partis prêts à s’engager.

Pour soutenir ces propositions et vous engager pour le climat, signez l’engagement sur : http://www.theclimatemobilization.org/international-pledge

Pour vous informer, venez assister à la conférence publique le 24 septembre à Paris sur le thème:

URGENCE CLIMATIQUE: quels objectifs pour la COP21 ?

URL : http://www.apc-paris.com/evenement/universite-dete-sauvons-climat

Pour adhérer au RESSEC : écrivez-nous à psressec@yahoo.fr !

NB : pour nous rencontrer à Paris lors de la COP21, nous organiserons un évènement début décembre… à suivre !

Notes et références:

[1] Budget carbone, voir page 33 de la présentation de J.P. Van Ypersele, vice-président du GIEC : http://www.climate.be/users/vanyp/presentations/2015-5-4_jpvy_rabat_groupe_dexperts_messages-cles_du_giec_synthese.pdf

[2] De la difficulté de définir des mesures cohérentes avec les objectifs affichés : http://sauvonsleclimat.org/g7-et-limitation-rechauffement-2-degres/35-fparticles/1803-g7-et-limitation-rechauffement-2-degres.html

[3] Tenant compte des prévisions du GIEC en matière de budget carbone (nécesité de limiter les émissions globales cumulées de GES à 1000 GtCO2 de 2015 à 2100, la Commission Européenne a fixé un objectif de réduction des émissions de GES de l’Union Européenne à 40% en 2030. Sauvons Le Climat rappelle et soutient la proposition de la France, faite en 2013 par la voix du Ministre des Affaires Etrangères M. Laurent Fabius, de replacer cet objectif dans une perspective à long terme de 60% en 2040 et 80% en 2050 (en termes de réduction des émissions de CO2 par rapport à la référence 1990), afin de rendre possible l’atteinte d’un facteur 4 sur la réduction des émissions de GES en 2050. Source : http://www.diplomatie.gouv.fr/fr/politique-etrangere-de-la-france/climat/actualites-liees-au-dereglement-climatique/actualites-2013-liees-au/article/entretiens-de-laurent-fabius-et-107169

Cela répond au passage à certaines critiques sur l’utilité de l’exemplarité de la France et de l’UE en matière de réduction des émissions de GES. Sans exemplarité, nous ne serions pas en position d’encourager nos alliés à faire plus d’efforts. Certes, ce n’est pas une condition suffisante, mais elle est nécessaire pour peser dans les négociations internationales.

[4] Extrait d’un article de Jim Hansen: « Even if the Anthropocene began millennia ago, a fundamentally different phase, a Hyper-Anthropocene, was initiated by explosive 20th century growth of fossil fuel use. Human-made climate forcings now overwhelm natural forcings. CO2 at 400 ppm in 2015, is off the scale in Fig. 24c. CO2 climate forcing is a reasonable approximation of the net human forcing, because forcing by other GHGs tends to offset negative human forcings, mainly aerosols (IPCC, 2013).
Most of the forcing growth occurred in the past several decades, and two-thirds of the 0.9°C global warming (since 1850) has occurred since 1975 (update of Hansen et al., 2010, available at
http://www.columbia.edu/~mhs119/Temperature/ ). Our analysis paints a different picture than IPCC (2013) for how this Hyper-Anthropocene phase is likely to proceed if GHG emissions grow at a rate that continues to pump energy at a high rate into the ocean. We conclude that multi-meter sea level rise would become practically unavoidable. Social disruption and economic consequences of such large sea level rise could be devastating. It is not difficult to imagine that conflicts arising from forced migrations and economic collapse might make the planet ungovernable, threatening the fabric of civilization. This image of our planet with accelerating meltwater includes growing climate chaos and storminess, as meltwater causes cooling around Antarctica and in the North Atlantic while the tropics and subtropics continue to warm.
Rising seas and more powerful storms together are especially hreatening, providing strong incentive to phase down CO2 emissions rapidly. »

Article complet: http://www.columbia.edu/~jeh1/2015/20150704_IceMelt.pdf

[5] Propositions de SLC: http://sauvonsleclimat.org/co21-propositions-slc

[6] Deux dispositions de la loi LTECV rendent possible de conforter la position prééminente de la France dans la réduction des émissions de GES

  1. La réduction de 40% des émissions de GES en 2030

  2. La réduction de la consommation d’énergies fossiles de 30% entre 2012 et 2030.

Les actions qui en résultent, centrées sur les transports et le bâtiment, devraient être considérées comme une priorité nationale. La réussite de ces actions réduirait le déficit de notre balance commerciale tout en améliorant notre indépendance énergétique. Le scénario RESSEC 2050 montre comment amplifier cet effort pour atteindre 60% de réduction en 2040 et 80% en 2050, grâce à un facteur 10 atteint sur la production d’énérgie décarbonée et l’efficacité énergétique.

Pas de hiatus (pause du réchauffement global) !

Contrairement à ce qui avait été avancé par les climato-négateurs, qui nient la réalité ou l’importance du réchauffement global actuel, il n’y a a eu ni hiatus, ni pause du réchauffement, durant la période 2000-2015 [1]. Et ce malgré une activité solaire en légère baisse depuis 2005 [2]. Il est donc inutile d’attendre la COP51, un verre de pastis à la main, pour réagir …

Non, c’est maintenant, dès la COP21, que nous devons décider une effort mondial et radical pour sortir de la gabegie de la pollution gratuite par les GES (Gaz à Effet de Serre). En clair, cela implique:

  • des quotas vraiment contraignants d’émission dès 2020; assortis de mesures adéquates pour décourager ceux qui seraient tentés de dépasser leur quota [3];
  • un mécanisme de taxation de la pollution, alias taxe carbone. Comme il ne peut s’agir d’un impôt supplémentaire, il faut qu’il remplace progressivement, mais rapidement, les impôts actuels basés sur le revenu et la valeur ajoutée.

Sinon, l’urgence climatique s’imposera à tous, de manière encore plus brutale que ce que nous allons vivre fin 2015 [4].

Références et notes:

  1. Hiatus : http://news.stanford.edu/news/2015/september/global-warming-hiatus-091715.html
  2. Selon le Dr. Hathaway : http://solarscience.msfc.nasa.gov/predict.shtml
  3. S’il est permis de se féliciter comme Ségolène Royal des engagements américains et chinois, il faut immédiatement préciser qu’ils sont insuffisants:
  4. Nous assistons actuellement au début d’un phénomène El Niño historique: http://polynesie.la1ere.fr/2015/09/18/el-nino-continue-se-developper-288117.html

Climatoscepticismes : toujours de « bonnes raisons » de refuser la science.

Les climatosceptiques sont intéressants en ce qu’ils témoignent des biais cognitifs ainsi révélés au grand jour.

D’abord il y a les « inconscients » : ceux qui, refusant le nucléaire ainsi que sa cogénération, même lorsqu’il sera bientôt durable, les barrages, le chauffage et la voiture électrique, acceptent donc de prendre le risque de dépasser 2,5 degrés de réchauffement en 2100. Leur optimisme excessif atteste qu’ils sous-estiment le danger et donc les moyens à mobiliser. Et alors qu’ils récusent les méthodes des climatosceptiques pure souche, ils mobilisent en fait les mêmes stratégies cognitives : sidérés par une peur excessive du nucléaire et de tout faible risque concentré, il rebondissent indéfiniment sur des arguments spécieux (vu les alternatives 100 fois plus dangereuses pour l’Homme et la biodiversité, sans décroissance abyssale): comme la crainte irraisonnée de l’enfouissement des matières légèrement radioactives et vitrifiées, la soi disant probable prolifération, les pseudos coûts cachés ou la crainte surestimée des effets des accidents.

Et puis il y a les climatosceptiques « conscients ». Qui refusent de rejoindre le consensus des 97% de scientifiques qui affirment que le risque est très probablement élevé.

Leur argumentation est souvent factice comme l’explique ici un membre du GIEC et tient également d’un égarement psychologique :
http://www.sauvonsleclimat.org/climat-22-contre-verites-qui-exasperent/

Dernier exemple en date d’argument qui s’écroule : le soleil est bien innocent des grands facteurs de réchauffement brutal à l’échelle de la planète (facteur 100 par rapports au passé) :
Cf l’article en anglais :

Corrected sunspot history suggests climate change not due to natural solar trends

http://astronomynow.com/2015/08/08/corrected-sunspot-history-suggests-climate-change-not-due-to-natural-solar-trends/

Traduction par l’ONG Sauvons Le Climat:

« Le nombre de taches solaires, la plus longue expérience scientifique
toujours en cours, est un outil crucial dans l’étude de la dynamo
solaire, de temps spatial et du changement climatique. Il a maintenant
été recalibré et montre une histoire cohérente de l’activité solaire au
cours des siècles passés. Le nouveau jeu de données ne manifeste aucune
tendance croissante à long terme de l’activité solaire depuis 1700 comme
il était indiqué précédemment. Ceci suggère que l’accroissement de la
température globale depuis la révolution industrielle ne peut pas être
attribué à un accroissement de l’activité solaire. »

Projet de loi sur la TE : Des fédérations PS interpellent le parti pour plus de réalisme.

Alors que le Sénat constate les progrès et les insuffisances du projet de loi du gouvernement sur la transition énergétique sur la « croissance verte » (cf #PLTECV), des fédérations PS, non tenues au politiquement correct, nuisance marquante de la France d’aujourd’hui, interpellent la direction du parti pour revoir d’urgence les erreurs stratégiques engendrées par les accords électoraux du moment.

 

Texte intégral de la contribution aux Etats Généraux du PS en novembre 2014, votée par la fédération des Hauts de seine (92) :

Thème : « Croissance et sociale-écologie »

« Au-delà des avancées du projet de loi sur la Transition Energétique, pour restaurer les équilibres naturels et sociaux, le PS doit conjuguer audace environnementale et réalisme industriel, indépendance énergétique et sortie des Français de la précarité énergétique, rétablissement des équilibres financiers et sage gestion des risques.

Décarboner l’énergie vers l’énergie renouvelable chaleur pour le chauffage quand c’est possible et l’énergie électrique (quitte à devoir l’augmenter si les économies d’énergie ne sont pas suffisantes) :

– Favoriser les véhicules électriques et hybrides rechargeables : accélérer le déploiement de prises de recharge, stimuler nos industriels, développer la filière des batteries

– Développer les réseaux de chaleur : géothermie, cogénération nucléaire (chauffage gratuit après 9 ans de retour sur investissement de la moitié de paris grâce à la chaleur non polluante inutilisée la centrale de Nogent sur Seine), accélération du solaire thermique dans le sud de la France (chauffage bon marché et écologique de l’eau chaude résidentielle)

– Rétablir l’équité de concurrence du gaz importé avec l’électricité nationale

– Maintenir l’interdiction de l’exploration et de l’exploitation des gaz des schistes.

 

Energies renouvelable électriques : plutôt que la subvention des produits importés au travers d’une taxe sur l’électricité qui favorise l’investissement des plus fortunés au dépend des familles modestes :

Favoriser la R&D française : par exemple passer à 30% le rendement du solaire avant de le déployer massivement, imposer des normes de 25% pour les panneaux importés en Europe, développer l’hydroélectrique

Raisonner les lieux d’implantation du photovoltaïque et de l’éolien en fonction de l’ensoleillement et du vent, quitte à subventionner davantage d’autres énergies (ex. pompes à chaleur).

 

Innovation : on pourra explorer des domaines nouveaux :

– Faire confirmer après un débat public qu’un nucléaire de nouvelle génération assurant la sécurité et la limitation des déchets est possible, et engager alors des investissements plus ambitieux

– Sans perdre en qualité de vie, réduire les gaspillages par l’investissement rentable (isolation, optimisation…) et les solutions de stockage et lissage (ballons eau chaude, solaire thermique, chaudières hybrides électriques…), et l’optimisation intelligente des réseaux

– Le PS peut se distinguer de ses partenaires et concurrents en prônant la fin de l’écologie punitive et en conciliant le progrès avec la décroissance des pollutions. Nouvelles technologies, chauffage électrique au sol, déplacements à moindre couts, transports en commun, autant d’opportunités à développer. »

 

 

Fin

Rédaction : #PS92100 Boulogne Billancourt.

 

Bilan 2014 : énergie et climat à Paris

Bonjour

Aucune température diurne négative et moins de 3 gelées nocturnes:

2014 est l’an zéro du réchauffement climatique à Paris!

2015 sera l’an I avec la cop21.

En attendant, voici quelques résultats encourageants pour la France, qui a pris en 2012 et 2013 la tête des énergies renouvelables en Europe , grâce à son mix Energétique équilibré, sans aucune baisse arbitraire du nucleaire.

L’analyse de l’énergie est malheureusement compliquée: le bilan de l’année n’est disponible qu’en fin de l’année suivante, donc il s’agit bien du bilan définitif 2013 et non 2014.

Le Developpement de l’agriculture raisonnée et de l’élevage extensif y joue aussi un rôle. Mais ces résultats montrent surtout l’ineptie que constitue l’Energiewende qui a précipité l’Allemagne, jusqu’alors leader en Europe, dans les bas-fonds du classement européen et en tête des pays pollueurs (DE: 760, FR: 344 MtCO2), avec en prime un énorme désastre agricole dû au développement non maîtrisé de la méthanisation subventionnée, lequel se traduit par une perte des surfaces agricoles disponibles pour l’alimentation au point d’obliger l’Allemagne à augmenter ses importations de céréales, tandis que les pays producteurs d’électricité hydraulique et nucleaire jouissent d’une baisse importante de la pollution malgré une augmentation de la consommation d’électricité de 2%.

photo 1 et 2

2014: début de la fin des véhicules polluants à Paris ?

Photo 3

Un test réalisé le 24 décembre prouve que Paris est bien plus agréable pour les piétons et les cyclistes lorsqu’il y a moins de voitures en circulation. Le parcours ci-dessus a été réalisé sans danger ni pollution subie avec un gain de temps de 5′ (29 au lieu de 24).

Photo 4

Paris n’avait pas été fermée aux véhicules (mesure extrême et peu réaliste), mais il y en avait deux fois moins que d’habitude. Je crois que l’on ne peut pas parler d’écologie à Paris sans prendre de mesures en ce sens. Il faut non seulement des véhicules plus propres, mais aussi donner la priorité aux véhicules non polluants en interdisant l’accès aux véhicules polluants. Les professionnels doivent passer aux véhicules hybrides rechargeables (et alors passer en mode électrique dans Paris intra-muros) ou 100% électriques. La limitation à 30 km/h doit être généralisée à toutes les voies de circulation étroites (rues à une seule voie) avec contresens cycliste. Les infractions doivent être davantage prévenues, notamment les scooters empruntant trottoirs et pistes cyclables.

Enfin, des voies cyclables en site propre complètement sécurisé devraient être créées en bordure ou en surplomb des voies ferrées, circulaires le long de la petite ceinture, et radiales le long des lignes paris-banlieue. Ces mesures étaient prévues dans le programme d’Oser Paris et ont été citées depuis: nous attendons leur mise en oeuvre.

NB: il y a un vide juridique dans le programme actuel de la mairie de Paris pour sortir du diesel en 2020 : les deux roues essence polluants (ils consomment tous bien plus de 2 litres aux 100 km pour un seul passager). Il faut les interdire dès 2020 et imposer les deux roues électriques, sinon le report vers les scooters essence sera massif.

Bon réveillon!

Ressec.wordpress.com

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Loi transition énergétique: schizophrénie à propos de l’empreinte des EnR… (Titre IV)

12 fois plus de cuivre dans une éolienne que dans une centrale nucléaire, etc… alors faisons appliquer cette loi :

Extrait du « TITRE IV » transmis au sénat :

LUTTER CONTRE LES GASPILLAGES ET PROMOUVOIR L’ÉCONOMIE CIRCULAIRE :
DE LA CONCEPTION DES PRODUITS À LEUR RECYCLAGE

Article 19
5° La transition vers une économie circulaire.
I ter (nouveau). – Après le même article L. 110-1, il est inséré un article L. 110-1-1 ainsi rédigé :
Art. L. 110-1-1. – La transition vers une économie circulaire appelle une consommation sobre et responsable des ressources naturelles et des matières premières primaires ainsi que, en priorité, un réemploi et une réutilisation et, à défaut, un recyclage des déchets, des matières premières secondaires et des produits. La promotion de l’écologie industrielle et de la conception écologique des produits, l’allongement de la durée du cycle de vie des produits, la prévention des déchets, des polluants et des substances toxiques, le traitement des déchets en respectant la hiérarchie des modes de traitement, la coopération entre acteurs économiques à l’échelle territoriale pertinente et le développement des valeurs d’usage et de partage et de l’information sur leurs coûts écologique, économique et social contribuent à cette nouvelle prospérité.

Conclusion : Tout à fait d’accord avec cet article L.110-1-1.

Cependant il condamne les éoliennes et les panneaux photovoltaïques.

En effet, dans une éolienne terrestre qui produit pendant 20 % du temps, l’équivalent de sa pleine puissance, il faut dimensionner la partie électrique pour la puissance maximum. Donc, si on la compare à la machine électrique d’un groupe turbo-alternateur de centrale thermique ou nucléaire qui produit pendant 80 % du temps l’équivalent de sa pleine puissance, l’éolienne a énergie produite identique sur l’année va immobiliser 4 fois plus de cuivre. Mais dans un groupe turbo-alternateur, le refroidissement direct du cuivre permet des densités de courant électrique 2 fois supérieures. L’éolienne immobilise donc pour son générateur électrique 8 fois plus de cuivre. Mais ce n’est pas tout, les éoliennes modernes produisent un courant électrique à tension régulée mais à fréquence et intensité variables. Ce courant électrique ne peut donc pas être injecté sur le réseau électrique. Il faut le redresser et ensuite l’onduler d’où une nouvelle immobilisation de cuivre. Au total et pour les machines performantes, il faut compter sur 12 fois plus de cuivre dans une éolienne terrestre que dans un groupe turbo-alternateur produisant la même énergie électrique annuelle.
Or le cuivre est un métal rare, donc cher et ceci d’autant plus que la qualité exigée est très élevée. Son extraction et sa purification font intervenir des process très polluants.

Les aimants permanents demandent des alliages contenant des terres rares de la famille des lanthanides. Eux aussi sont très onéreux et nécessitent des process de purification très polluants. Ils sont pour la plupart d’entre eux importés de Chine.

Puis il faut raccorder au réseau électrique une machine qui ne produira sa pleine puissance que 20 % du temps. Il faut cependant que le raccordement soit dimensionné pour la pointe de puissance. Par rapport à un groupe turbo-alternateur produisant la même énergie annuelle, il faut immobiliser des câbles qui contiennent 4 fois plus d’aluminium. Métal également difficile à extraire par des process polluants.

Enfin, ces machines ne peuvent pas, par construction, participer aux services exigés par le système électrique c’est-à-dire, le réglage de la fréquence et de la tension.

S’agissant des panneaux photovoltaïques tous importés de Chine, ils ont un contenu en carbone plus important que le carbone qu’ils permettront d’éviter pendant leur cycle de vie. (NDLR: en France)

En revanche cet article justifie pleinement le choix responsable fait par la France sur la fermeture du cycle du combustible nucléaire. En effet, le retraitement permet de récupérer les matériaux fissiles comme le plutonium et l’uranium 235 de retraitement. Il permet également de trier les déchets et de les classer en fonction du risque qu’ils feraient courir s’ils étaient dispersés dans l’environnement et de leur période (ou demi-vie) radioactive. Puis d’adapter les conteneurs et les sites de stockage en conséquence. A noter que la réutilisation du plutonium divise par 2 la masse des transuraniens ou actinides mineurs. Un pays qui déploie une industrie nucléaire doit adopter le cycle fermé pour ne laisser aux générations futures que des déchets dûment répertoriés suivant en cela le Plan National de Gestion des Déchets Radioactifs approuvé par les Parlementaires

(Source : extrait d’un rapport de http://www.sauvonsleclimat.org en cours sur la PLTECV)

COP21: réduction, budget ou seuil ?

Lors de discussion avec des individus ou des organisations concernés par le changement climatique, nous abordons souvent le sujet de l’objectif pour la prochaine conférence sur le Climat à Paris en 2015, dite COP21.

Rappel: la COP 21 est la 21ème COP, COP signifiant Conference Of the Parties de l’UNFCCC (United Nations Framework Convention on Climate Change, http://newsroom.unfccc.int/ ).

Traduction française: Conférence des Parties de la Convention cadre des Nations Unies sur les changements climatiques de 2015, du 30 novembre au 11 décembre (COP21/CMP11), source: http://www.developpement-durable.gouv.fr/Les-enjeux-de-la-conference-de.html .

Or, l’on évoque un objectif de réduction des émissions, ce qui est certes vertueux, mais est-ce bien suffisant ?

En réalité, plus nous émettons de GES, plus la probabilité augmente d’accélérer et d’amplifier le réchauffement global, représenté par une température moyenne à la surface du globe (environ 15°C en 1990). Le problème est double:

1. il y a un budget d’émissions globales à ne pas dépasser pour avoir de bonnes chances de ne pas dépasser un certain degré de réchauffement global. Mais ce budget n’est jamais évoqué directement: on le masque derrière un pourcentage de réduction des émissions de GES par rapport à 1990, un nombre abstrait qui rend difficile la compréhension par le public et sème la confusion.

2. ce degré de réchauffement masque le fait que les conséquences continueront à s’amplifier longtemps après la stabilisation de la température globale, comme expliqué dans un article précédent: https://ressec.wordpress.com/2014/05/11/transgression-oceanique-2000-2500/

Le premier point mérite une explication complémentaire. Nous avons émis au cours des deux derniers siècles environ 600 milliards de tonnes de CO2 équivalent (soit GtCO2eq, l’unité d’un indicateur qui additionne les milliards de tonnes de CO2 émise plus celles des autres GES multipliées par le pouvoir de réchauffement global relatif au CO2). Nous continuons à émettre environ 40 GtCO2eq par an. Donc en 2025, si nous continuons au même niveau, nous aurons alors atteint un niveau d’émission de 1000 GtCO2eq. Or, cette valeur symbolique se situe justement dans l’intervalle critique (900-1500 GtCO2eq) au-delà duquel le réchauffement global dépassera probablement 2°C, avec les conséquences suivantes:

1. comme il est impossible d’arrêter d’émettre massivement du CO2 en dix ans, ce budget sera dépassé.

2. les scénarios d’émissions qui permettent de maintenir le réchauffement global au-dessous de 2°C prévient des émissions très faibles, voire négatives, avant la fin du XXIème siècle.

Il est alors permis de douter de la possibilité d’atteindre cet objectif de réchauffement global de 2°C. Il est aussi possible de tout mettre en œuvre pour l’atteindre, c’est-à-dire diminuer les émissions de CO2 dès 2015 afin de respecter le budget de 1000 GtCO2eq d’émissions globales.

Cela implique de diminuer rapidement les émissions annuelles globales de 40 à 10 GtCO2eq/an, avant 2025. C’est pourquoi la COP21 est véritablement la « réunion de la dernière chance » pour atteindre cet objectif.

références:

Cliquer pour accéder à CarbonBudget.pdf

Cliquer pour accéder à UNEPEmissionsGapReport2013.pdf

Cliquer pour accéder à copenhagen-accord-adding-up-mitigation-pledges.pdf

« Comprendre la défectueuse pensée concernant la lutte contre le changement climatique » (traduction)

Biais, quand tu nous tiens !

Traduction de l’article : « Understand faulty thinking to tackle climate change« 

http://www.newscientist.com/article/mg22329820.200-understand-faulty-thinking-to-tackle-climate-change.html

 

« Comprendre la défectueuse pensée concernant la lutte contre le changement climatique »
• Le 18 Août 2014 en George Marshall
• NewScientist 2982.

La nature amorphe du changement climatique crée des conditions idéales pour le déni humain et le biais cognitif consistant à le tenir à l’arrière-plan.
Daniel Kahneman : « Je suis vraiment désolé, »me dit-il,  « mais je suis profondément pessimiste. Je ne vois vraiment pas de chemin vers le succès sur le changement climatique.»
Kahneman a remporté le prix Nobel d’économie 2002 pour ses recherches sur les biais psychologiques qui faussent la prise de décision rationnelle. L’un d’eux est «l’aversion aux pertes », ce qui signifie que les gens sont beaucoup plus sensibles aux pertes qu’aux gains. Il considère le changement climatique comme un déclencheur parfait: un problème lointain qui exige des sacrifices maintenant pour éviter les pertes incertaines dans un lointain futur. « Cette combinaison est extrêmement difficile à accepter pour nous », me dit-il.
Le point de vue de Kahneman est largement partagé par les psychologues cognitifs. Comme Daniel Gilbert de l’Université Harvard qui déclare: « Un psychologue pouvait à peine imaginer un meilleur scénario pour une paralysie. »
Les gens d’autres disciplines semblent également voir le changement climatique comme un problème «parfait». Nicholas Stern, auteur de l’ influent rapport Stern sur ​​l’économie du changement climatique, la décrit comme la «parfaite défaillance du marché». Philosophe Stephen Gardiner, de l’Université de Washington à Seattle dit que c’est une «parfaite tempête morale ». Tout le monde, apparemment, façonne le changement climatique dans sa propre image.
Ce qui pointe vers le vrai problème: le changement climatique est exceptionnellement amorphe. Il ne nous fournit pas de qualité définie qui lui donneraient une identité claire: pas de délais, pas de lieu géographique, pas de cause unique ou de solution et, surtout, pas d’ennemi évident. Nos cerveaux parcourent les indices habituels que nous utilisons pour traiter et évaluer l’information sur le monde, mais n’en trouve aucun. Et donc nous imposons nos propres indices. Il s’agit d’une situation périlleuse, laissant le changement climatique comme porte ouverte pour un autre des biais de Kahneman – un «biais de l’assimilation » qui déforme les informations pour les adapter aux valeurs et préjugés existants des gens.
Alors est-ce que le changement climatique est naturellement difficile, ou l’est-il juste à cause des histoires que nous avons construites autour de lui ? Par exemple, la lutte accablante et peut-être sans espoir dépeinte par les médias et de nombreux militants provoque des sentiments d’impuissance. Les scientifiques renforcent cette distance par leurs prédictions informatiques portant sur deux générations dans l’avenir et parlant sans fin d’incertitude. Le dernier rapport du Groupe d’experts intergouvernemental sur les changements climatiques utilise le mot «incertain» plus d’une fois par page.
Les discussions sur l’économie, quant à elles, tournent invariablement vers des analyses défaitistes sur les bilans coûts-avantages. Stern propose un choix entre passer de 1 pour cent du revenu annuel maintenant, ou risquer de perdre 20 pour cent de celui-ci dans un délai de 50 ans. Ce langage est presque identique à celui utilisé Kahneman deux décennies plus tôt dans ses expériences sur l’aversion aux pertes. Est-il surprenant que, lorsque le choix est encadré comme celui-ci, les décideurs sont intuitivement attirés vers un report de l’action et plutôt prendre un pari sur l’avenir ?
Si le coût et l’incertitude sont vraiment les barrières psychologiques universels, il est difficile d’expliquer pourquoi 15 pour cent des gens acceptent pleinement la menace et sont prêts à faire des sacrifices personnels pour la conjurer. La plupart des personnes de ce groupe sont à l’aile gauche ou écologistes et ont réussi à transformer le changement climatique en un récit qui correspond à leurs critiques existantes de l’industrie et de la croissance.
Les conservateurs peuvent justifier l’inaction climatique pour des raisons de coût et d’incertitude mais, eux aussi, sont en mesure d’accepter ceux des points tant qu’ils parlent à leurs valeurs fondamentales. Comme ancien vice-président des États-Unis et climato-sceptique Dick Cheney déclarait : «Si il y a seulement un pour cent de chances pour un terroriste d’obtenir des armes de destruction massive, nous devons agir comme si c’était une certitude. »

Des valeurs fortement défendues peuvent expliquer les convictions de ceux qui sont aux extrémités du spectre politique, mais elles n’expliquent pas suffisamment l’apparente indifférence de la grande majorité de ceux qui sont entre les deux. Si on leur demande, la plupart conviennent que le changement climatique est une menace sérieuse, mais ne demandent pas à se porter volontaires.
Ce silence est similaire à celui qu’on trouve dans les violations des droits de l’homme, a fait valoir le regretté Stanley Cohen, sociologue à la London School of Economics. Il suggère que nous savons très bien ce qui se passe mais « qu’on conclut des accords tacites sur ce qui peut être publiquement rappelé et accepté ».
Notre réponse au changement climatique est étrangement similaire à un désaveu encore plus universel: la réticence à faire face à notre propre mortalité, dit la neuroscientifique Janis Dickinson de l’Université Cornell à New York. Elle fait valoir que les images explicites de mort et de décomposition ainsi que les implications plus profondes du déclin de la société et de l’effondrement sont de puissants déclencheurs de déni de mortalité.
Il y a un grand nombre de recherches montrant que les gens réagissent à des rappels de la mort avec une affirmation agressive de leur propre identité de groupe. Dickinson soutient que la polarisation politique et le déni de colère rencontré à propos du changement climatique est compatible avec cette «théorie de la gestion de la terreur ». Encore une fois, il existe une relation complexe entre notre psychologie et les récits que nous construisons pour donner un sens au changement climatique.
Pour toutes ces raisons, il est erroné de croire que les preuves scientifiques du changement climatique va se transformer directement en action – ou, au contraire, que le déni climatique peut être rejeté comme une simple désinformation. Les systèmes qui régissent nos attitudes sont tout aussi complexes que celles qui régissent l’énergie et le carbone, et aussi l’objet d’évaluations qui exagèrent les petites différences entre les gens. Le problème lui-même est loin d’être parfait et la situation n’est pas désespérée, mais, pour y faire face, il faudra une analyse plus poussée de la cognition humaine et le rôle des valeurs socialement partagées dans la construction d’une conviction.

 

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