La permaculture est-elle assez productive pour aider vraiment à sauver le climat ?

Question ouverte : la permaculture est-elle un effet de mode ou un réel moyen de contribuer substantiellement à la prévention du réchauffement climatique en développant un nouveau puits de carbone ?

Combien coûte la tonne de CO2 évitée dans cette configuration ? Est-ce compétitif ? On peut en douter car le diable se cache souvent dans les détails.

Pour mémoire, le nucléaire c’est potentiellement 50% de l’énergie de 2100.

Et la permaculture, c’est davantage que 1% ?

Lire la suite

Quelques idées reçues sur l’énergie : Spécial Chauffage électrique nucléaire.

​Les préjugés poussent les écolos à penser antinucléaire donc antiécologie à propos du chauffage électrique. Les écomodernistes sont agnostiques donc regardent les faits.
Exemples :
Idée reçue n°29 :  » La norme RT2012 dans le batiment a raison de décourager le chauffage électrique en comptabilisant l’énergie primaire  »
https://quelquesideesrecuessurlenergie.wordpress.com/2011/12/11/ideerecue-n29-la-norme-rt2012-dans-le-batiment-a-raison-de-decourager-le-chauffage-electrique-en-comptabilisant-lenergie-primaire/
Idée reçue n°15 :  » Le chauffage électrique est une ineptie  »
https://quelquesideesrecuessurlenergie.wordpress.com/2011/12/10/ideerecue-n15-le-chauffage-electrique-est-une-inepsie/
Idée reçue n°33 :  » Les pics en hiver de la consommation électrique (couverts par les énergies fossiles) sont liés au chauffage électrique  »
https://quelquesideesrecuessurlenergie.wordpress.com/2012/08/31/idee-recue-n33-les-pics-en-hiver-de-la-consommation-electrique-couverts-par-les-energies-fossiles-sont-lies-au-chauffage-electrique/

PPE : « Pire Politique Énergétique » de l’Histoire ? Ou « Programmation Pluri-annuelle de l’Energie » ?

Vu cette PPE : Le PS n’est plus social ni écologique. Au delà de quelques promesses fantaisistes non financées (1 million de prises VE en 2020, promesses présidentielles d’ isolation accélérée des bâtiments,…) il préserve sa réserve de voix vertes pour les prochaines élections. Au lieu d’éduquer pragmatiquement les citoyens sur une politique écologique efficace pour le CO2 et le pouvoir d’achat (5 milliards €/an de surcoût inutile pour les classes moyennes).

Retoquée, elle ne réjouit que le SER, lobby vert financeur d’élus, de journaux et d’industriels en conflits d’intérêts électoral. Et ne séduit même pas les environnementalistes « de la paix verte », vu les mensonges à propos du nucléaire qu’on leur a fait miroiter indument d’ici 2050.
Le plus grave : cette PPE va dégrader notre bilan CO2 (et économique/écologique) au lieu de tendre vers le -80% de CO2 exigé par la COP21.

Source 1:

Comment bâtir une #PPE alors que les hypothèses sur lesquelles elle repose sont contestables? notes de https://t.co/S3a3Eo5iKw

Source 2:
#UARGA Commentaires sur le « Projet de Programmation Pluriannuelle de l’énergie » (#PPE) (11 octobre 2016) https://t.co/21J1pJnERl
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Actualités associées :

 » PRESIDENTIELLES 2017 : Adresse aux politiques

10 Questions : quelle place pour l’énergie en France et en Europe ?  »

@Passages_ADAPes

http://www.passages-adapes.fr/activités/présidentielles-10-questions/
Commentaire:

Vu le fiasco de nos ministres de l’énergie PS, qui osera encore confier ce domaine au ministre de l’environnement à l’avenir ? Le ministère de l’industrie saurait finalement être bien plus écologique.
Et peut-on réélire un tel gestionnaire Président ? Qui place un idéologue à la tête d’une RTE publique ?

FH et SR ont du mérite pour la Cop21 et ne sont pas responsable de tout, mais ils nous poussent dans l’abîme. Faut-il un Trump français pour faire entendre raison au PS ? Notre indignation ne doit plus être murmurée. L’heure est grave.
Cette PPE déséquilibrée place délibérément la France dans une ornière, ce dont on se serait bien passé actuellement.

La droite sera obligée de la détricoter pour le bien du climat, et la gauche s’en offusquera inutilement.
Article d’analyse:

Pendant ce temps, le récent rapport de la cour des comptes est négligé et l’excellent rapport de l’Institut Montaigne dort dans un placard Vert en attendant 2017…

http://www.institutmontaigne.org/fr/publications/nucleaire-lheure-des-choix
Cerise sur la gâteau, l’indispensable ASN fait de l’excès de zèle et nous menace d’un black-out en Europe aux périodes de grands froids en interrompant dans une panique évitable et très dommageable 21 réacteurs sur 58 (coût cette année : 1 Milliard d’euros) dont la teneur en carbone n’exige pas ces délais si courts.

(Source : https://quelquesideesrecuessurlenergie.wordpress.com/2016/11/07/idee-recue-n54-la-cuve-de-lepr-nest-pas-la-plus-sure-du-monde-car-lasn-a-emis-un-doute/

Conséquence : paupérisation d’EDF donc affectation de la sécurité.
Coût si un black-out intervient : 10 millards €/jour d’interruption en France.
Chiffrage officiel Suisse d’un black-out :

http://www.strom.ch/fileadmin/user_upload/Dokumente_Bilder_neu/010_Downloads/Basiswissen-Dokumente/29_Blackout_electrique_fr.pdf)
Impact notamment : renonciation à fermer les centrales à charbon pourtant non rentables, et achat massif de groupes électrogènes renforçant les fossiles.

Ce qu’on demande parfois à un politique : ne rien faire pour survivre politiquement.. (qui puisse altérer le fonctionnement d’une industrie sûre).

« 100% EnR en 2050 » dit un membre de Stanford : un scénario …scientifique ? ou de type partisan, sans fondement solide ?

Le scénario de Mark Z Jacobson, tout séduisant qu’il soit, est désormais réfuté ici vu ses énormes lacunes sur le stockage à financer pour absorber l’énorme intermittence de son éolien et solaire (et autres articles sur ce blog):

http://energie-crise.fr/spip.php?article225


Autres sources :

http://atomicinsights.com/jacobson-quotes-low-end-of-unreliables-price-estimates/
https://bravenewclimate.com/2009/11/03/wws-2030-critique/ 

https://m.reddit.com/r/energy/comments/4c8ywq/are_there_scientific_reviews_of_mark_jacobsons/

A critical review of global decarbonization scenarios: what do they tell us about feasibility?

http://onlinelibrary.wiley.com/doi/10.1002/wcc.324/full (payant)

Lien direct : http://www.qualenergia.it/sites/default/files/articolo-doc/wcc324-1.pdf

« In this scientific paper, Jacobson’s plan is judged the least realistic. »

Prove This Is Wrong. ?

http://sunweber.blogspot.fr/2014/11/prove-this-wrong.html

 

« La transition énergétique coûtera 520 milliards d’euros en 2025 » en Allemagne…pour autant de CO2.

Extrait de :

Energiewende kostet 520 Milliarden Euro bis 2025

http://www.insm.de/insm/Themen/Soziale-Marktwirtschaft/Gesamtkosten-Energiewende.html

Traduction :

« Das wichtigste in Kürze – principaux résultats en bref.

La pourcentage des renouvelables dans le mix électrique (Verbrauch : consommation) croît régulièrement. Il était en 2015 de 32,6%. L’objectif 40/45% en 2025 devrait donc pouvoir être atteint.

Pour la période 2000-2015 – les coûts directs de l’Energiewende – subvention (Umlage) directe et supplément KWK (cogénération) – ont été de 133 Mds €. Dont 125 pour la seule Umlage. D’ici 2025, les évaluations sont de 425 Mds dont près de 283 pour l’Umlage.

Les coûts indirects – d’abord ceux du transport HT et de la distribution – sont estimés à 56 Mds d’ici 2025.

A cela il faut ajouter l’haftungsumlage (il doit s’agir ici d’une taxe permettant le financement  du raccordement à la terre des éoliennes off-shore), les coûts du redispatching ainsi que ceux de la gestion de l’Umlage, des réserves de capacité et Klimareserve. Soit 3,5 Mds pour la période 2000-2015 avec une estimation de 15,05 pour la période 2000-2025.

Pour accompagner les objectifs, le gouvernement fédéral – à travers la banque KfW – offre des réductions d’intérêt qui correspondent à une subvention de 3,74 Mds € pour la période 2000-2015. 5,98 Mds d’ici 2025.

Le gouvernement fédéral et les Länder ont financé la R&D pour 4 Mds € pour la période 2000- 2015. On prévoit 8 Mds pour la période 2016-2025. Soit un total de 12 Mds.

La promotion des renouvelables a bouleversé le fonctionnement du marché, ce qui a conduit à des pertes de valeur considérable chez les producteurs historiques.

Le coût total de l’Energiewende se monte à 150 Mds € pour la période 2000-2005, sans compter le coût de développement des réseaux. 520 Mds d’ici 2025, y compris le coût de développement des réseaux.

Soit 6.300 € par habitant.

Pour la période 2016-2025, cela correspond à une charge de 37,50 € par habitant et par mois. »

Fin de l’extrait.

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NDLR: Tour ceci pour ne presque rien gagner en CO2. Une bombe climatique.

Juste fermer 3% des centrales électronucléaires les plus sûres du monde. Était-ce la priorité ?

Imaginez combien de GtCO2eq le monde aurait pu économiser avec cette somme consacrée au remplacement du charbon par des surgénérateurs..? 100 GW ? 10% du péril climatique évité par l’amorçage du mix #MessageSupplyN ?


Malheureusement le 100% renouvelable sans surgénérateurs renouvelable est totalement illusoire. L’Allemagne le sait mais joue la montre.

En effet l’hypothétique « 40% » cache que beaucoup de ces électrons ne sont pas consommés sur place. Ils doivent s’en débarrasser à bas prix s’il y a beaucoup de vent, vers des pays carbonés (Pologne, Italie, Pays bas,.. ) ou pas (France, Suisse, Autriche, Belgique, Tchequie, Suède, Slovénie)

Exemple le scénario de Mark Z Jacobson réfuté ici (et autres article sur ce blog):
http://energie-crise.fr/spip.php?article225

http://atomicinsights.com/jacobson-quotes-low-end-of-unreliables-price-estimates/
https://bravenewclimate.com/2009/11/03/wws-2030-critique/ 

https://m.reddit.com/r/energy/comments/4c8ywq/are_there_scientific_reviews_of_mark_jacobsons/

A critical review of global decarbonization scenarios: what do they tell us about feasibility?

http://onlinelibrary.wiley.com/doi/10.1002/wcc.324/full (payant)

Lien direct : http://www.qualenergia.it/sites/default/files/articolo-doc/wcc324-1.pdf

« In this scientific paper, Jacobson’s plan is judged the least realistic. »

Prove This Is Wrong. ?

http://sunweber.blogspot.fr/2014/11/prove-this-wrong.html

 

Le Ressec.

Fessenheim :acharnement politico-médiapartique

Fessenheim, deux réacteurs parmi les 58 que compte la flotte nucléaire nationale, certes les plus anciens, mais de quelques mois seulement, certes frontaliers, mais ils ne sont pas les seuls, alors pourquoi cet extraordinaire focus qui dure depuis cinq ans alors qu’aucun autre déterminant ne les désigne :

– pas la sûreté de conception, reconnue par L’ASN, conforme aux canons les plus actuels, en particulier les normes post Fukushima,

– pas la sûreté d’exploitation classée dans le quartile supérieur dans les derniers exercices, toujours selon l’ASN, 

– pas l’efficacité économique, jugée parmi les meilleures en termes de disponibilité et de coûts d’exploitation.
Ce sont en réalité des otages politiciens (politique est un mot bien trop noble pour qualifier ces manœuvres néfastes), ce sont des symboles totalement fabriqués pour l’opinion, les premiers dominos à faire chuter dans une cascade qu’on voudrait délétère pour toute une filière.
Autrement dit, ces réacteurs qui ont toujours rempli leur cahier des charges et pourraient le faire encore pendant une décennie au moins, ont été choisis comme les premiers objectifs d’une blitzkrieg anti nucléaire, parce qu’en des temps favorables, il fallait attaquer au plus tôt et que les stratèges de la campagne pensaient, à tort, pour les fausses raisons précitées, si faciles à vendre, pouvoir les enlever sans coup férir.
Mais se battre contre les faits et la logique s’est révélé plus âpre que prévu.

Il est en effet difficile de décréter, du fait du prince, mal conseillé en la matière, qu’il est rationnel de fermer sans raison impérative, une installation industrielle génératrice fiable de courant, alimentant rationnellement toute une région, pourvoyeuse d’un grand nombre d’emplois qualifiés directs et indirects et présentant encore un fort potentiel technico-économique.

Une promesse, fut-elle celle d’un Président doté de pouvoirs très étendus, a besoin d’un substrat autre qu’une combine politicienne.
La longue saga indigeste, que cherche à relater Mediapart (Fessenheim, récit d’un arrêt raté par un pouvoir irrésolu. https://blogs.mediapart.fr/guillaume-blavette/blog/300816/fessenheim-recit-dun-arret-rate-par-un-pouvoir-irresolu)

avec un éclairage qui fait porter toute l’inertie de l’affaire (comprendre sabotage) sur le torve lobby de l’atome, n’évoque pas un instant le caractère totalement artificiel, de cette focalisation.

L’objectif désigné n’est jamais discuté au fond, ni même en surface d’ailleurs, car considéré d’abord comme le commencement d’un grand nettoyage de la machinerie nucléaire (de la mine à CIGEO) et de ses miasmes.

Quand la dialectique est à la peine, l’outrance et les arguties sont en terrain propice, qu’on en juge, car selon l’article de Mediapart précité :
« La filière nucléaire est décidément un navire à la dérive dont personne n’ose prendre la barre. Aurait-on oublié qu’il fonce vers la catastrophe ? qu’à chaque instant les réacteurs déversent leurs poissons dans l’environnement au péril de la santé publique ?
Il est encore temps de réagir. L’arrêt immédiat de Fessenheim, des autres réacteurs, de l’EPR, de Cigéo est possible si tant est que chacun se mobilise ».
Vient alors à l’esprit cette phrase de Churchill au lendemain de la victoire de Stalingrad : « ce n’est pas la fin, ce n’est même pas le commencement de la fin, mais c’est la fin du commencement » et pour les antinucléaires, la « victoire de Fessenheim » aurait clairement présenté les mêmes potentialités radicales que sa glorieuse devancière.
Contrairement à ce qui a été dit, ce n’est pas le pseudo lobby qui tient bon, il a su en d’autres temps se montrer souple, se croyant stratège en acceptant sans trop regimber l’arrêt de Superphénix, mais ce sont d’abord les personnels concernés, qui connaissent mieux que personne les machines qu’ils exploitent au quotidien, fruit d’une longue cohabitation avec des réacteurs qu’ils ont contribué à garder en ligne avec les exigences de sûreté et d’opérationnalité du jour.

Ils ne travaillent pas dans le cadre industriel crépusculaire que les media font imaginer, car tout au contraire, le « housekeeping » de ces installations complexes est remarquable.
Il a fallu aussi compter avec les collectivités et leurs élus qui cohabitent au long cours avec l’installation, aptes à mesurer sur le terrain les dommages que provoquerait cette fermeture inconséquente, mais aussi la vacuité des divers ersatz proposés.
Mais, même en cas d’alternance présidentielle et législative, le soldat Fessenheim ne serait pas sauvé pour autant. La présente mandature aura réussi -in extremis- à miner le terrain en prenant les décrets d’arrêt. Et même si les réacteurs seront encore en fonctionnement au moment d’une éventuelle bascule politique, revenir sur ces actes pourrait demander une nouvelle enquête publique, terrain propice à voir refleurir les pires avanies contre l’atome…et le courage politique se verrait alors vertement challengé par la pusillanimité.
Gérard Petit.

La tortue électrique pourrait rattraper le lièvre à fumée… si les Verts étaient écologistes

Pendant que Hollande dépense des fortunes pour ruiner EDF mais garder son vital électorat Vert, c’est autant de milliards manquants pour le Véhicule électrique. Pourtant c’est bien une piste de succès pour répondre aux alertes du GIEC. Qu’attend-on ? Colbert, revient. !

Article de 2009 (à peine corrigé) dans http://www.Lexpansion.com, imaginez les progrès en 7 ans ?!

« Le salut est-il dans la voiture électrique ?

Hervé Nifenecker (ONG Sauvons le climat)

« La nécessité de réduire les émissions de CO2 aussi bien que la perspective d’une forte augmentation du prix du pétrole, une fois la crise passée, a conduit les constructeurs aussi bien que l’Etat à un développement accéléré des voitures électriques. Cette « ruée » est-elle justifiée ou irréfléchie, reflétant un phénomène de mode comme on en trouve malheureusement tant d’exemple à l’heure où tous les projets doivent avoir le label « développement durable » pour être pris au sérieux ? La première question est évidemment de savoir si le développement des voitures électriques est économiquement raisonnable.
Perspectives économiques
Pour fixer les idées il est utile de retenir l’hypothèse d’une voiture tout électrique utilisant des batteries au lithium-phosphate de fer. A titre d’illustration nous considérons le projet Nissan-Renault/Better Place : un véhicule de type Kangoo avec une capacité énergétique des batteries de 25kWh, une autonomie de 165 km(0,15 kWh/km), une durée de vie des batteries permettant de parcourir 200000 km (2000 cycles), soit environ 10 ans. Rappelons quelques données économiques sur cette base. Le prix de batteries de 25kWh est actuellement d’environ 10000 €, que l’on peut considérer comme un sur-prix par rapport au modèle non électrique. Sur 10 ans et pour un kilométrage de 200000 km la dépense d’électricité au tarif heures creuses se monterait à 2010 € tandis que, pour un modèle standard consommant 6l/100km à 1 €/l, la dépense atteindrait 12000 €. Le sur-coût de la voiture électrique serait donc compensé en 10 ans. Il est vrai qu’il faudrait tenir compte des évolutions respectives des prix du pétrole et de l’électricité d’une part, de la TIPP et de la probable future taxe carbone d’autre part.. Pour des voitures urbaines plus petites, avec une batterie d’une capacité de l’ordre de 10 kWh, le sur-coût est amorti en moins de 6 ans.
Globalement, pour 10 millions de voitures électriques de type Kangoo, environ 5 milliards d’euros d’achat de pétrole importé seront économisés chaque année. Les consommateurs économiseront, eux, environ 10 milliards, mais l’état perdra de l’ordre de 5 milliards du fait de la diminution de la recette de TIPP et de TVA.
Toujours dans le cas d’un parc de 10 millions de voitures, on peut envisager qu’il faudra fournir 1 million de batteries chaque année, en générant un chiffre d’affaire d’environ 10 milliards d’euros, et 200000 emplois! La question de leur localisation est, évidemment, de première importance….Il est grand temps que l’industrie française des batteries se réveille!
L’un dans l’autre, sur le plan économique, le pari de la voiture électrique vaut la peine d’être tenté Qu’en est-il sur le plan écologique ?
Les voitures électriques peuvent elles contribuer à diminuer les émissions de CO2 ?
Les 1200 litres de diesel utilisées par le moteur thermique conduisent à l’émission de 2,9 tonnes de CO2 par an. Par eux mêmes, les moteurs électriques n’émettent pas de CO2. Certains tiennent toutefois à leur affecter le CO2 émis au stade de la production de l’électricité. En prenant la valeur moyenne des émissions en Europe (600 gCO2 /kWh) la consommation de 3000 kWh conduirait à l’émission annuelle de 1,8 tonnes de CO2 par an. Dans le cas de l’électricité produite en heures creuses en France (40 gCO2 /kWh) les émissions sont ramenées à 0,15 tonne de CO2.
Dans le cas français un parc de 10 millions de voitures électriques particulières permettrait donc d’éviter l’émission de 28 millions de tonnes de CO2 par an, soit plus de 7% de nos émissions totales et environ un quart des émissions du secteur des transports. En admettant un prix du CO2 de 50 euros la tonne, le prix du carbone évité atteindrait plus d’un milliard d’euros chaque année.
Sur le plan mondial, avec la mise en service de 600 millions de voitures électriques et en retenant un contenu en CO2 de l’électricité de 600 gCO2 /kWh, la réduction des émissions atteindraient 840 millions de tonnes, plus de 10% des émissions dues aux transport.
Sur le plan écologique le développement des voitures électriques est sans aucun doute justifié.
Y aura-t-il assez de lithium ?
Depuis quelque temps on peut lire ici ou là, que le développement des voitures électriques sera fortement limité par les réserves de lithium. La base scientifique de ce scepticisme se trouve dans l’article de W.Tahil. Les réserves de lithium estimées par ce dernier sont comprises entre 6,8 (réserves économiquement exploitables) et 15 millions de tonnes (réserves totales). Notons que les estimations de ces réserves sont dépendantes des coûts d’extraction acceptables. Un travail plus récent estime les ressources (hors considérations économiques) à 28,5 millions de tonnes. Actuellement le prix du lithium est aux environs de 5500 $ par tonne de Carbonate de lithium, soit environ 30 €/kg de lithium. Le poids de lithium inclus dans une batterie de capacité 25 kWh est de l’ordre de 3 kg. Le coût du lithium dans la batterie est donc de l’ordre de 90 Euros. Ce chiffre est à comparer au prix de 10000 € de la batterie. On voit qu’une augmentation d’un facteur 10 du prix du lithium n’aurait qu’une faible influence sur le prix total des voitures électriques. Il semble donc justifié de retenir l’estimation haute des réserves à 28 millions de tonnes de lithium. W.Tahil envisage la mise en service de 600 millions de véhicules électriques. Le stock de lithium présent dans les batteries de ces voitures serait donc de 1,8 millions de tonnes, un chiffre bien inférieur aux réserves. W.Tahil ne s’étend pas sur le recyclage du lithium, ce qui le conduit à envisager que ces 600 millions de voitures soient remplacées tous les 10 ans, ou, encore qu’en moyenne il faudrait trouver 180000 tonnes de lithium tous les ans. En une centaine d’années on voit que les réserves seraient largement entamées. Mais, non seulement le recyclage du lithium est possible, mais il est obligatoire. Dans ces conditions tout change. Même un taux de recyclage assez médiocre de 90% permettrait de ne pas épuiser les réserves avant mille ans.
Il reste un vrai défi : celui de développer suffisamment vite la production. Celle-ci atteint actuellement environ 23000 tonnes par an7. Supposons que l’on désire atteindre le nombre de 600 millions de voitures électriques d’ici 20 ans. Il s’agit de mettre en service une moyenne de 30 millions de voitures chaque année nécessitant une extraction annuelle moyenne de 90000 tonnes de lithium, soit 4 fois plus qu’actuellement. Ceci correspond à un taux annuel d’augmentation de 14% . Rapide, sans doute, mais pas impossible.
Il faut, pour être complet, constater que la répartition des réserves pourrait avoir des conséquences géo-stratégiques. En effet, les exploitations les plus rentables consistent à extraire le lithium de saumures qu’on trouve soit dans des nappes aquifères salines souterraines soit dans des eaux salées de surface. Les plus important gisements se trouvent au Chili (3 millions de tonnes), en Bolivie (5,4 millions de tonnes), en Argentine (2 millions de tonnes), en Chine (2,7 millions de tonnes), en Russie (3 millions de tonnes). Autrement dit, les pays industrialisés risquent de dépendre de pays d’Amérique Latine pour leur lithium comme ils dépendent du Moyen Orient pour leur pétrole. Avec la nuance, toutefois, qu’une pénurie n’empêcherait pas les voitures de rouler; elle mettrait en cause le rythme d’augmentation du parc.
De combien faudrait-il augmenter la capacité nucléaire pour alimenter les voitures électriques ?
Une voiture parcourant 20000 km/an consomme 3000 kWh/an. La consommation totale de 10 millions de voitures atteindrait alors 30 TWh, soit 6% de la production française, un peu moins que 4 réacteurs de 1 GW, soit 6 % de la puissance installée. En réalité la puissance nucléaire nécessaire serait plus faible : en effet, entre une heure et six heures du matin la production des centrales nucléaires est entre 5 et 10% inférieure à leur production diurne (d’où l’intérêt du double tarif pour EDF). Dans ces conditions, si les recharges ont lieu préférentiellement de nuit on peut estimer qu’il ne serait pas nécessaire d’augmenter la puissance nucléaire pour faire face à la nouvelle demande. »

Fin

Autre texte, mais où les coûts d’intégration des composants devront être approfondis:
http://www.sauvonsleclimat.org/documentsslchtml/points-de-vue-de-signatairehtml/la-voiture-urbaine-electrique/35-fparticles/679-la-voiture-urbaine-electrique.html

 

ANNEXE : pour en savoir plus => Le scénario MESSAGE Supply-N proposé au GIEC pour le monde :

http://cap22.blogspot.fr/2016/10/le-scenario-messagesupplyn-loption.html

 

Traduction du discours d’Obama: « Le rejet des faits, le rejet de la raison et de la science est le chemin déclin »

https://www.whitehouse.gov/the-press-office/2016/05/15/remarks-president-commencement-address-rutgers-state-university-new

Discours de Rutgers – 2016

2mn : https://m.youtube.com/watch?v=UjGUUGw0pQ8

42mn https://m.youtube.com/watch?v=xkCABjFT32A

 

« Les faits, les preuves, la raison, la logique, la compréhension de la science, ce sont de bonnes choses. Ce sont des qualités que vous voulez voir chez les gens qui font de la politique. Ce sont des qualités que vous voulez continuer à cultiver en vous-mêmes en tant que citoyens. Voilà pourquoi nous honorons Bill Moyers ou le Dr Burnell.

Nous avons toujours valorisé ces choses. Mais si vous écoutez le débat politique d’aujourd’hui, on peut se demander d’où vient cette souche d »anti-intellectualisme. Ainsi, à propos de la classe politique de 2016, permettez-moi d’être aussi clair que je peux l’être. En politique et dans la vie, l’ignorance n’est pas une vertu. Il n’est pas cool de ne pas savoir de quoi on parle. Ce n’est pas reconnaître le réel, ou dire ce qu’il est. Ce n’est pas challenger le politiquement correct. C’est tout simplement ne pas savoir de quoi on parle. Et pourtant, nous en sommes venus à la confusion sur ces sujets.

Regardez, les fondateurs de notre nation – Franklin, Madison, Hamilton, Jefferson – ils sont nés des Lumières. Ils ont cherché à échapper à la superstition, au sectarisme et au tribalisme, et à sortir du néant. Ils croyaient à la pensée rationnelle et de l’expérimentation, et la capacité des citoyens informés de maîtriser nos propres destins. Ce qui a été incorporé dans notre conception constitutionnelle. Cet esprit a formé nos inventeurs et nos explorateurs, les Edisons et les frères Wright et George Washington Carvers et Grace Hoppers, et Norman Borlaugs et les Steve Jobs. Voilà ce qui construit ce pays.

Et aujourd’hui, dans chaque téléphone situé dans une de vos poches nous avons accès à plus d’informations que depuis toujours dans l’histoire humaine, d’une simple pression sur un bouton. Mais, ironiquement, le flot d’informations n’a pas fait de nous les plus exigeants de la vérité. À certains égards, il est juste de dire que cela nous a rendus plus confiants dans notre ignorance. Nous supposons que tout ce qui est sur le web doit être vrai. Nous recherchons des sites qui renforcent simplement nos propres prédispositions. Les opinions se déguisent en faits. Les théories du complot les plus folles sont prises pour paroles d’évangile.

Maintenant, comprennez moi bien, je suis sûr que vous avez appris au cours de vos années de collège – et si non, vous l’apprendrez rapidement – qu’il y a un tas de gens qui sont intelligents comme des livres mais n’ont pas de bon sens. Voilà la vérité. Vous les rencontrerez si vous ne l’avez pas déjà fait. Des qualités comme la bonté et la compassion, l’honnêteté, le travail acharné, ont souvent plus d’importance que les compétences techniques ou le savoir-faire.

Mais quand nos dirigeants expriment un dédain pour les faits, quand ils ne sont pas tenus pour responsables d’avoir répété des contrevérités et juste maintenu les choses en place, tandis que les experts réels sont rejetés comme élitistes, alors nous avons un problème.

Vous savez, il est important que si nous tombons malades, nous voulions effectivement faire en sorte que les médecins soit allés à l’école de médecine; qu’ils sachent de quoi ils parlent. Si nous sommes dans un avion, nous voulons vraiment un pilote qui soit en mesure de piloter l’avion. Et pourtant, dans notre vie publique, nous pensons certainement, «Je ne veux pas des sortants.»
Le rejet des faits, le rejet de la raison et de la science est le chemin du déclin. Il appelle à l’esprit les paroles de Carl Sagan, qui a obtenu son diplôme des hautes écoles ici dans le New Jersey, il a dit: «Nous ne pouvons juger nos progrès que par le courage de nos questions et les profondeurs de nos réponses, notre volonté d’embrasser ce qui est vrai, plutôt que ce que nous ressentons comme bon.  »

Le débat sur le changement climatique est un exemple parfait de cela. Je reconnais qu’on ne ressent pas que la planète est plus chaude en ce moment. Je comprends : Il y avait de la grêle quand j’ai atterri à Newark ! Mais pensez à la question du changement climatique. Chaque jour, il y a des fonctionnaires qui ont de hautes fonctions et des responsabilités qui se moquent du consensus écrasant des scientifiques du monde entier sur le fait que les activités humaines et la libération de dioxyde de carbone et de méthane et d’autres substances modifient notre climat de manière profonde et dangereuse.

Il y a peu, vous avez peut-être vu un sénateur des États-Unis brandir une boule de neige lors d’un discours au milieu de l’hiver comme «preuve» que le monde ne se réchauffe pas.

Je veux dire, écoutez-moi bien, le changement climatique n’est pas quelque chose soumis à la propagande politique. Il existe des preuves. Il y a des faits. Nous pouvons le voir, çà se passe maintenant. Si nous ne faisons rien, si nous ne poursuivons pas les progrès que nous avons fait à Paris, les progrès que nous avons fait ici à la maison, votre génération sentira le poids de cette catastrophe.

Donc, c’est à vous d’insister sur la forme et sur un débat éclairé. Imaginez si Benjamin Franklin avait vu le sénateur avec la boule de neige, ce qu’il penserait. Imaginez si votre professeur de sciences de 5e année l’avait vu. Il aurait obtenu un D ! Et il est sénateur !

Ecoutez, je ne veux pas dire que l’analyse froide et les données dures sont plus importantes dans la vie que la passion, ou la foi, ou l’amour, ou la fidélité. Je suggère juste que les expressions les plus élevées de notre humanité ne peuvent prospérer que lorsque nos fonctions économiques, avec ce que les budgets proposés ajoutent, permettant à notre environnement d’être protégé. Et pour accomplir ces choses, pour prendre des décisions collectives au nom du bien commun, nous devons utiliser nos têtes. Nous devons être d’accord que les faits et les preuves comptent. Et nous devons faire en sorte que nos dirigeants et nous-mêmes soyons responsables de dire de quoi est fait le diable dont ils parlent.

La transition énergétique n’est ni de droite ni de gauche

Voici quelques réflexions partagées au sein du Ressec, mais aussi  avec des militants politiques de tout bord, au sein de plusieurs  clubs de réflexion plus ou moins apolitiques:

– la transition énergétique n’est ni de droite ni de gauche, on peut toujours la colorer en vert ou en rose, mais attention à ne pas obtenir l’effet inverse !

– en clair : certains choix des Verts (EELV ayant explosé, ce que ne feront jamais les réacteurs de Fessenheim ou de Nogent !, reprenons le doux nom du mouvement historique pour désigner la nébuleuse écologiste) , mais aussi du PG , imposés finalement au PS et au gouvernement via des « experts » auto-proclamés n’ayant pourtant aucune expérience industrielle ni économique (au sens de direction opérationnelle d’un centre de profit privé ou d’une entreprise industrielle), sont en passe de faire échouer la France en copiant avec dix ans de retard les recettes qui ont échoué en Allemagne, le plus gros émetteur de CO2 d’Europe ( 10 tonnes/hab/an au lieu de 5 en France);

– certaines dispositions de la LTECV entraînent à court terme un doublement des tarifs de l’électricité et constituent un frein à la substitution des énergies fossiles par l’électricité décarbonée (à 96% en 2015 et 98% en 2016). Cette incapacité à établir une priorité ente les 12 objectifs de la loi, outre qu’elle dénote une incapacité à organiser les concepts et à éclairer l’avenir, aboutit à des mesures contradictoires faisant exploser la facture publique et menaçant l’atteinte des objectifs, alors que la France a organisé la COP21 et obtenu de haute lutte l’accord de Paris sur le changement climatique. 

– d’un point de vue politique, cette incapacité à capitaliser sur les succès politiques (accord de Paris et COP21) et techniques (la France est le plus grand pays dont l’électricité est décarbonée et les transports autant en capacité d’être électrifiés écologiquement), pour « faire plaisir à tout le monde », en dit long sur l’état d’esprit de nos dirigeants.  L’entrée en campagne aidera-t-elle  à remettre de l’ordre dans la stratégie présidentielle ou bien allons-nous subir une énorme et grotesque course à l’échalote ?

Voici quelques éléments de réflexion pour les prochains programmes présidentiels : 

– en France, l’électricité est dé-carbonée à 96% (6% éolien/solaire + 15% hydraulique + 75% nucléaire), elle n’est donc pas responsable de nos émissions de CO2

– plus de 90% de nos 370 millions de tonnes de CO2 (2014) ne proviennent pas de l’électricitéLe nucléaire, l’éolien et le solaire ne sont donc pas le sujet principal pour respecter nos engagements de la COP21. La loi de transition énergétique pour une croissance verte de 2015, focalisée sur l’électricité et sur le nucléaire, se trompe de cible.

– contrairement à la plupart des pays développés où la production d’électricité est fortement carboné, Chine, USA et Allemagne en tête , en France, les vraies sources de CO2, sont principalement le transport et le chauffage non-électrique.

Nous ne pouvons donc pas utiliser les solutions prioritaires ailleurs, car la France est en avance dans la réduction des émissions de GES.

 
– transports: développons les véhicules électriques et hybrides rechargeables. C’est un des points forts de la LTECV, mais elle ne va pas assez loin.

Clin d’œil: l’électrification en véhicules électriques de tout le parc automobile d’Ile de France (100 millions de km parcourus chaque jour) pourrait être alimentée toute l’année par un seul des 2 réacteurs de Fessenheim (6 TWh/an)!

– chauffageactivons le critère de CO2 dans  la RT2102 (règlementation thermique du bâtiment). Il suffit de rendre PAR DÉCRET MINISTÉRIEL sa valeur initiale au coefficient du CO2 dans la formule de la consommation énergétique de la RT2012 que l’ADEME a fait annuler par pure idéologie antinucléaire, ce qui favorise à contre courant le chauffage au gaz dans (i) un pays qui n’a pas de gaz, (ii) dont l’électricité est dé-carbonée et (iii) à une époque où le monde entier s’efforce de diminuer les consommations de fossiles émetteurs de CO2!

– à noter que l’ADEME a réussi un 2ème « exploit »: celui de financer avec l’argent des contribuables l’étude « électricité 2050: 100% renouvelable » sans même étudier l’autre cas d’école, tout aussi ridicule, mais bien plus réaliste « 100% nucléaire »!

Heureusement, des états comme l’Ontario ont une approche bien plus pragmatique, ce qui leur a permis de définir le mix électrique optimal et de fermer leurs centrales à charbon. Références disponibles sur demande si les détails techniques vous intéressent.

– la solution passe idéalement par une taxation européenne du carbone, avec un prix plancher: le système européen d’échange de quotas carbone est un échec, le marché électrique européen s’est dégradé en seulement 5 ans et est aussi un échec (pour tous les acteurs: prix à la hausse pour le consommateur; effondrement des prix de gros de l’électricité et quasi faillite de EDF, EON, RWE, Vattenfal, Engie …  florissants il n’y a pas si longtemps).

– Il faut remplacer le système des quotas (permis à polluer) par une taxe (sur le principe « pollueur-payeur ») dont le produit devra à terme financer non pas les moyens de production dé-carbonés (éolien, solaire, nucléaire) qui doivent devenir la norme, ni les émissions de CO2 évitées (comme capture et séquestration du CO2 à la source) mais bien les initiatives de séquestration du carbone qui est déjà dans l’atmosphère (reboisement massif, construction bois, biomasse de 2ème génération, carbonatation, …).

L’enjeu est donc désormais de reconstruire un système énergétique européen cohérent, combinant incitation à réduire les gaz à effet de serre et réduction des subventions aux renouvelables qui ont désorganisé tout le marché européen de l’électricité …. avant que ne soit adopté un jour un plan carbone mondial

Le dilemne de Tchernobyl : la radioactivité est-elle aussi mauvaise qu’on le pense ? (traduction du Spiegel)

Commentaire :

Ni déni, ni diabolisation. Mais l’atome n’est pas à la hauteur de nos fantasmes…

L’ADN baigne dans la radioactivité naturelle depuis des centaines de millions d’années (1 mSv à 3 environ voir 50 dans certains pays), d’ailleurs bien plus élevée que de nos jours. L’homéostasie biologique nous confère une capacité à cohabiter avec une « certaine » dose. Laquelle ? Sujet complexe, les études couteuses n’ayant pas encore été financées, bien qu’on connaisse maintenant très correctement l’effet des fortes doses et les minces disparités entre individus. Donc 100 mSv reçus en une seule fois (50 pour les enfants), ou plusieurs centaines en des années semble la limite de nocivité (en excluant bien sûr l’ingestion). Pas 10 mSv ou 1, ou 0,5 comme reçu en France après Tchernobyl (dilution d’un facteur 50 000 après 2000 km).

Source : l’article du Spiegel en allemand de Manfred Dworschak 
intitulé « Schön verstrahlt ».

En anglais :

http://m.spiegel.de/international/world/a-1088744.html

 

Traduction :

Le dilemne de Tchernobyl : la radioactivité est-elle aussi mauvaise qu’on le pense ?

par Manfred Dworschak

AP

UKRAINE CHERNOBYL MEMORIES

** FILE ** The old control room is shown inside reactor No.4 in the Chernobyl nuclear power plant in this Nov.10, 2000, file photo. This is the location where Soviet engineers flipped a power switch on April 26, 1986, and two explosions followed one after another immediately, sending radioactive clouds thoughout most of Europe, causing the world’s worst nuclear accident. (AP Photo/Efrem Lukatsky, file)

Trente ans après le désastre de Tchernobyl, il semble clair que la radioactivité est moins nocive qu’initialement prévu. Certains chercheurs pensent même qu’elle puisse être bénéfique à faibles doses.

Qui voudrait respirer volontairement du gaz radioactif ? De nos jours, on trouve des gens qui le font. Ils ne jurent plus que par ce gaz noble qu’est le radon, créé par la décomposition de l’uranium: ils y aspirent, profondément.

La plupart des adeptes des propriétés curatives des radiations souffrent de maladies inflammatoires chroniques: arthrite, asthme ou psoriasis, par exemple. Le gaz, disent-ils, les soulage de leurs maux pendant des mois. C’est pourquoi ils s’allongent dans l’eau à bulles de radon proposée dans certaines cures thermales. A Bad Kreuznach, dans l’état allemand de Rhénanie-Palatinat, ces braves curistes se promènent dans les tunnels des mines de mercure abandonnées, attirés par l’air chargé de radon au cœur de la montagne. Sont-ils fous ?

Pourtant, il est clair que ces gens ont raison: la radioactivité leur est bénéfique.

Ils s’agit des premières conclusions d’un étude en cours menée par des chercheurs de 4 instituts allemands. Leur dirigeante est la radiobiologiste Claudia Fournier, du Centre Helmholtz pour la Recherche sur les Ions Lourds à Darmstadt.

Des centaines de patients dans la station balnéaire de Bad Steven, en Haute-Franconie, se sont prêtés aux examens dans le cadre de cette étude. Les chercheurs ont trouvé qu’après une série de bains au radon, le sang des sujets testés présentait moins de signes d’inflammation. Leurs défenses immunitaires, souvent déclenchées à haut niveau en raison de leurs maladies, semblaient également être revenues à des niveaux plus bas.

Une expérience complémentaire sur des souris arthritiques ont révélé d’autres surprises. Après l’expérience, la perte d’os, qui accompagne généralement l’inflammation; avait été réduite.

Pourtant, le radon est loin d’être inoffensif et peut provoquer des cancers du poumon à doses plus élevées. Comment le même gaz peut-il être bénéfique, réduire l’inflammation et renforcer les os ?

Ses avantages pour les humains et les souris n’ont pas encore été confirmés, et des expériences complémentaires sont nécessaires. mais la biologiste Claudia Fournier estime raisonnablement que ses résultats donnent une nouvelle direction: « A faibles doses, les radiations ont un effet différent de celui prévu, » dit-elle.

Bains de radon

Trente ans après Tchernobyl, voilà une découverte surprenante. Il y a trois décennies, la moitié de l’Europe de l’Ouest a été contaminée par des retombées faiblement radioactives. On avait alors enseigné au public qu’il fallait se méfier de cette radioactivité omniprésente.

Mais maintenant, les effets des radiations ne sont apparemment pas tous si mauvais. Le corps semble être capable de lutter contre de faibles doses de radon. « Nous continuons à chercher des atteintes au génome, » dit Claudia Fournier, « mais nous n’avons pas pu en observer jusqu’à présent. »

Les bains de radon avaient été considérés jusqu’à présent comme des curiosités de la médecine expérimentale, souvent considérés comme suspects et ésotériques. Pourtant, cela fait un moment que cela se pratique. Il y a déjà un siècle, les premières cures de ce type faisaient la publicité de leurs rayons a priori guérissants. Mais après le largage de deux bombes atomiques sur le Japon et plusieurs désastreux accidents de réacteurs, les traitements radioactifs ont été pointés du doigt. Des chercheurs suspectaient que, dans le meilleur des cas, c’était la chaleur dans les tunnels qui avait procuré un répit temporaire aux patients.

rad2

Photographie: alliance / dpa

Des patients sont couchés dans l’unique bain de radon en Allemagne, dans la ville de Bad Kreuznach.

Le message officiel ne varie pas: la règle gravée dans le marbre est que la radioactivité peut être dangereuse, même à faibles doses. Il n’y a pas de seuil d’innocuité. Même une seule cellule endommagée pourrait devenir une tumeur.

L’estimation standard du risque provient en grande partie d’une étude lancée en 1950, après les bombardements atomiques de Hiroshima et Nagasaki. Cette année-là, une étude portant sur 86 000 survivants a commencé, et continue encore de nos jours. Elle a démontré l’évolution du risque de cancer en fonction de la dose de radiations.

Statistiquement, les effets des radiations ne deviennent pourtant apparents qu’à des doses relativement élevées — à partir de 100 millisieverts recus en une seule fois, selon l’unité utilisée par les biologistes pour mesurer les effets des radiations sur le corps. C’est 50 fois plus que la dose reçue par chaque personne chaque année en Allemagne provenant de la radioactivité naturelle ambiante.

A partir de 100 millisieverts (recus en une seule fois), le danger devient prévisible: si 100 personnes sont irradiées à cette dose, un risque accru de cancer ou leucémie est certain. Mais en-dessous, cela se complique. « Nous ne savons tout simplement pas comment répond le corps à des radiations plus faibles, » dit Werner Rühm, directeur de l’Institut de Protection contre les Radiations, près de Munich.

Les Limites des Statistiques

Il est possible que 10 millisieverts suffisent à augmenter les taux de cancer. Mais cela ne se verrait pas dans les statistiques. « Les cancers dus à d’autres causes sont simplement trop répandus, » dit Rühm. « Plus de 40 pourcents des gens en développeront un jour. » Et le risque varie énormément, selon le mode de vie : parmi les fumeurs, par exemple, il est particulièrement élevé. Il est difficile de savoir si, sur 1000 cas de cancer, il existe un cas dissimulé qui serait lié à une mutation cellulaire causée par les radiations.

« Mais la société, bien évidemment, attend des conclusions de notre part, » dit Rühm. « Alors par précaution, nous faisons comme si nous étions capables de calculer le risque jusqu’aux doses les plus faibles. »

Le résultat est purement mathématique, suffisamment bon pour extrapoler des règles et des limites généralement considérées comme nécessaires. « de toute façon, nous n’avons pas mieux, » dit Rühm.

Mais cela n’a aucun sens de projeter des chiffres aussi abstraits sur une population toute entière à la suite d’une catastrophe nucléaire, comme les prophètes de malheur sont prompts à le faire. Après Tchernobyl, des projections horribles  de nombre de victimes ont été diffusées. Un risque très petit, multiplié par 600 millions d’Européens, aboutissait à des centaines de milliers de cas de cancer additionnels — un nombre complètement artificiel. Il se pourrait qu’il n’y ait pas un seul cas. Nous ne savons tout simplement pas.

Certains chercheurs pensent même que les hypothèses fondamentales à la base des calculs sont fausses. L’un deux se nomme Reinhard Wetzker. Il dirige l’Institut de Biologie Moléculaire Cellulaire à l’Université d’Iéna. « Le modèle traditionnel de risque ne tient pas, » dit-il. « Il ne tient pas compte du fait que les cellules peuvent très bien s’occuper de faibles doses de radiations. »

La plus terrible des conséquences est l’endommagement du génome. Mais pour le corps, de tels dégâts ne sont pas forcément un évènement dramatique à court terme. Chaque cellule en subit des milliers chaque jour. La plupart du temps, l’attaque vient de l’intérieur: le métabolisme cellulaire crée des molécules agressives, les radicaux libres, qui endommagent l’ADN en permanence.

Pour cette raison, il existe de minuscules machines de réparations actives en permanence : des protéines spéciales corrigent les portions erronées du génome, tandis que d’autres réparent les ruptures de brins. Quand rien n’y fait, des gardiens moléculaires initient la mort cellulaire programmée.

Craintes mal placées ?

L’efficacité du fonctionnent de ces mécanismes de réparation a été largement prouvée, tant que les radiations ne sont pas trop fortes. De plus, les cellules réparées semblent mieux équipées pour résister à des attaques ultérieures. Alors ces craintes sont-elles mal placées ?

La biologiste de Darmstadt, Claire Fournier, croit que la question est mal posée: « Quelque chose qui renforce une cellule n’aide pas forcément une personne », dit-elle. « Si elle mute, cette cellule peut devenir plus tard la source d’un cancer. »

Cependant, il est largement accepté que les scénarios morbides de victimes de l’âge nucléaire ne se sont pas réalisés. En vérité, les pires catastrophes ont provoqué de manière surprenante peu de victimes.

Ceux qui voyagent à Tchernobyl aujourd’hui auront le sentiment de pénétrer dans un paradis naturel. Dans la zone autour du réacteur à l’épicentre du désastre, il y a de nouveau des loups et des chevaux de Przewalski — et même des bisons européens et des lynx dans les forêts inhabitées. Il y a probablement plus d’animaux vivant dans le secteur qu’avant le désastre. Les radiations encore élevées semblent moins dangereuses pour la nature que les humains.

La catastrophe a commencé avec l’explosion de l’Unité 4 le 26 Avril 1986. les pompiers ont essayé d’éteindre les flammes et de couvrir le cœur ouvert du réacteur. Beaucoup des sauveteurs ont été exposés à des doses extrêmement élevées de  radiations et, dès 1998, 39 d’entre eux en sont décédés.

Cependant, la question de savoir si une augmentation des cas de cancer dans la zone a eu lieu, après l’accident, reste ouverte. Les statistiques ne l’ont pas prouvé: des taux de cancer plus élevés dans la population n’ont pas pu être déterminés pour l’instant. C’est la conclusion tirée par la commission sur les effets des radiations atomiques des Nations-Unies (UNSCEAR : United Nations Scientific Committee on the Effects of Atomic Radiation) en 2011. Il y a  cependant une exception: plus de 6,000 enfants ont contracté le cancer de la thyroïde après l’accident et 15 en sont morts. Un grand nombre de cas a pu être lié à l’iode radioactif transporté par le vent dans la région durant les premiers jours. La tumeur, si elle est identifiée suffisamment tôt, peut être soignée efficacement.

Une augmentation des cancers de la thyroïde a été également observé dans la zone autour du réacteur détruit de Fukushima. L’année dernière, environ 300,000 personnes âgées de 18 ans ou moins au moment du désastre ont été examinées. les chercheurs ont trouvé 137 cas. Mais personne ne sait combien de ces tumeurs ont été détectées seulement car il s’agissait de la première campagne de détection systématique.