Quelques idées reçues sur l’énergie : Spécial Chauffage électrique nucléaire.

​Les préjugés poussent les écolos à penser antinucléaire donc antiécologie à propos du chauffage électrique. Les écomodernistes sont agnostiques donc regardent les faits.
Exemples :
Idée reçue n°29 :  » La norme RT2012 dans le batiment a raison de décourager le chauffage électrique en comptabilisant l’énergie primaire  »
https://quelquesideesrecuessurlenergie.wordpress.com/2011/12/11/ideerecue-n29-la-norme-rt2012-dans-le-batiment-a-raison-de-decourager-le-chauffage-electrique-en-comptabilisant-lenergie-primaire/
Idée reçue n°15 :  » Le chauffage électrique est une ineptie  »
https://quelquesideesrecuessurlenergie.wordpress.com/2011/12/10/ideerecue-n15-le-chauffage-electrique-est-une-inepsie/
Idée reçue n°33 :  » Les pics en hiver de la consommation électrique (couverts par les énergies fossiles) sont liés au chauffage électrique  »
https://quelquesideesrecuessurlenergie.wordpress.com/2012/08/31/idee-recue-n33-les-pics-en-hiver-de-la-consommation-electrique-couverts-par-les-energies-fossiles-sont-lies-au-chauffage-electrique/

PPE : « Pire Politique Énergétique » de l’Histoire ? Ou « Programmation Pluri-annuelle de l’Energie » ?

Vu cette PPE : Le PS n’est plus social ni écologique. Au delà de quelques promesses fantaisistes non financées (1 million de prises VE en 2020, promesses présidentielles d’ isolation accélérée des bâtiments,…) il préserve sa réserve de voix vertes pour les prochaines élections. Au lieu d’éduquer pragmatiquement les citoyens sur une politique écologique efficace pour le CO2 et le pouvoir d’achat (5 milliards €/an de surcoût inutile pour les classes moyennes).

Retoquée, elle ne réjouit que le SER, lobby vert financeur d’élus, de journaux et d’industriels en conflits d’intérêts électoral. Et ne séduit même pas les environnementalistes « de la paix verte », vu les mensonges à propos du nucléaire qu’on leur a fait miroiter indument d’ici 2050.
Le plus grave : cette PPE va dégrader notre bilan CO2 (et économique/écologique) au lieu de tendre vers le -80% de CO2 exigé par la COP21.

Source 1:

Comment bâtir une #PPE alors que les hypothèses sur lesquelles elle repose sont contestables? notes de https://t.co/S3a3Eo5iKw

Source 2:
#UARGA Commentaires sur le « Projet de Programmation Pluriannuelle de l’énergie » (#PPE) (11 octobre 2016) https://t.co/21J1pJnERl
——————–

Actualités associées :

 » PRESIDENTIELLES 2017 : Adresse aux politiques

10 Questions : quelle place pour l’énergie en France et en Europe ?  »

@Passages_ADAPes 

http://www.passages-adapes.fr/activités/présidentielles-10-questions/ 
Commentaire: 

Vu le fiasco de nos ministres de l’énergie PS, qui osera encore la confier au ministre de l’environnement à l’avenir ? Le ministère de l’industrie saurait finalement être bien plus écologique. 
Et peut-on réélire un tel gestionnaire Président ? Qui place un idéologue à la tête d’une RTE publique ?

FH et SR ont du mérite pour la Cop21 et ne sont pas responsable de tout, mais ils nous poussent dans l’abîme. Faut-il un Trump français pour faire entendre raison au PS ? Notre indignation ne doit plus être murmurée. L’heure est grave. 
Cette PPE déséquilibrée place délibérément la France dans une ornière, ce dont on se serait bien passé actuellement.

La droite sera obligée de la détricoter pour le bien du climat, et la gauche s’en offusquera inutilement.
Article d’analyse: 

Pendant ce temps, le récent rapport de la cour des comptes est négligé et l’excellent rapport de l’Institut Montaigne dort dans un placard Vert en attendant 2017… 

http://www.institutmontaigne.org/fr/publications/nucleaire-lheure-des-choix 
Cerise sur la gâteau, l’indispensable ASN fait de l’excès de zèle et nous menace d’un black-out en Europe aux périodes de grands froids en interrompant dans une panique évitable et très dommageable 21 réacteurs sur 58 (coût cette année : 1 Milliard d’euros) dont la teneur en carbone n’exige pas ces délais si courts.

(Source : https://quelquesideesrecuessurlenergie.wordpress.com/2016/11/07/idee-recue-n54-la-cuve-de-lepr-nest-pas-la-plus-sure-du-monde-car-lasn-a-emis-un-doute/

Conséquence : paupérisation d’EDF donc affectation de la sécurité.
Coût si un black-out intervient : 10 millards €/jour d’interruption en France.
Chiffrage officiel Suisse d’un black-out :

http://www.strom.ch/fileadmin/user_upload/Dokumente_Bilder_neu/010_Downloads/Basiswissen-Dokumente/29_Blackout_electrique_fr.pdf)
Impact notamment : renonciation à fermer les centrales à charbon pourtant non rentables, et achat massif de groupes électrogènes renforçant les fossiles.

Ce qu’on demande parfois à un politique : ne rien faire pour survivre politiquement.. (qui puisse altérer le fonctionnement d’une industrie sûre).

« 100% EnR en 2050 » dit un membre de Stanford : un scénario …scientifique ? ou de type partisan, sans fondement solide ?

Le scénario de Mark Z Jacobson, tout séduisant qu’il soit, est désormais réfuté ici vu ses énormes lacunes sur le stockage à financer pour absorber l’énorme intermittence de son éolien et solaire (et autres articles sur ce blog):

http://energie-crise.fr/spip.php?article225


Autres sources :

http://atomicinsights.com/jacobson-quotes-low-end-of-unreliables-price-estimates/
https://bravenewclimate.com/2009/11/03/wws-2030-critique/ 

https://m.reddit.com/r/energy/comments/4c8ywq/are_there_scientific_reviews_of_mark_jacobsons/

A critical review of global decarbonization scenarios: what do they tell us about feasibility?

http://onlinelibrary.wiley.com/doi/10.1002/wcc.324/full (payant)

Lien direct : http://www.qualenergia.it/sites/default/files/articolo-doc/wcc324-1.pdf

« In this scientific paper, Jacobson’s plan is judged the least realistic. »

Prove This Is Wrong. ?

http://sunweber.blogspot.fr/2014/11/prove-this-wrong.html

 

« La transition énergétique coûtera 520 milliards d’euros en 2025 » en Allemagne…pour autant de CO2.

Extrait de :

Energiewende kostet 520 Milliarden Euro bis 2025

http://www.insm.de/insm/Themen/Soziale-Marktwirtschaft/Gesamtkosten-Energiewende.html

Traduction :

« Das wichtigste in Kürze – principaux résultats en bref.

La pourcentage des renouvelables dans le mix électrique (Verbrauch : consommation) croît régulièrement. Il était en 2015 de 32,6%. L’objectif 40/45% en 2025 devrait donc pouvoir être atteint.

Pour la période 2000-2015 – les coûts directs de l’Energiewende – subvention (Umlage) directe et supplément KWK (cogénération) – ont été de 133 Mds €. Dont 125 pour la seule Umlage. D’ici 2025, les évaluations sont de 425 Mds dont près de 283 pour l’Umlage.

Les coûts indirects – d’abord ceux du transport HT et de la distribution – sont estimés à 56 Mds d’ici 2025.

A cela il faut ajouter l’haftungsumlage (il doit s’agir ici d’une taxe permettant le financement  du raccordement à la terre des éoliennes off-shore), les coûts du redispatching ainsi que ceux de la gestion de l’Umlage, des réserves de capacité et Klimareserve. Soit 3,5 Mds pour la période 2000-2015 avec une estimation de 15,05 pour la période 2000-2025.

Pour accompagner les objectifs, le gouvernement fédéral – à travers la banque KfW – offre des réductions d’intérêt qui correspondent à une subvention de 3,74 Mds € pour la période 2000-2015. 5,98 Mds d’ici 2025.

Le gouvernement fédéral et les Länder ont financé la R&D pour 4 Mds € pour la période 2000- 2015. On prévoit 8 Mds pour la période 2016-2025. Soit un total de 12 Mds.

La promotion des renouvelables a bouleversé le fonctionnement du marché, ce qui a conduit à des pertes de valeur considérable chez les producteurs historiques.

Le coût total de l’Energiewende se monte à 150 Mds € pour la période 2000-2005, sans compter le coût de développement des réseaux. 520 Mds d’ici 2025, y compris le coût de développement des réseaux.

Soit 6.300 € par habitant.

Pour la période 2016-2025, cela correspond à une charge de 37,50 € par habitant et par mois. »

Fin de l’extrait.

————-

NDLR: Tour ceci pour ne presque rien gagner en CO2. Une bombe climatique.

Juste fermer 3% des centrales électronucléaires les plus sûres du monde. Était-ce la priorité ?

Imaginez combien de GtCO2eq le monde aurait pu économiser avec cette somme consacrée au remplacement du charbon par des surgénérateurs..? 100 GW ? 10% du péril climatique évité par l’amorçage du mix #MessageSupplyN ?


Malheureusement le 100% renouvelable sans surgénérateurs renouvelable est totalement illusoire. L’Allemagne le sait mais joue la montre.

En effet l’hypothétique « 40% » cache que beaucoup de ces électrons ne sont pas consommés sur place. Ils doivent s’en débarrasser à bas prix s’il y a beaucoup de vent, vers des pays carbonés (Pologne, Italie, Pays bas,.. ) ou pas (France, Suisse, Autriche, Belgique, Tchequie, Suède, Slovénie)

Exemple le scénario de Mark Z Jacobson réfuté ici (et autres article sur ce blog):
http://energie-crise.fr/spip.php?article225

http://atomicinsights.com/jacobson-quotes-low-end-of-unreliables-price-estimates/
https://bravenewclimate.com/2009/11/03/wws-2030-critique/ 

https://m.reddit.com/r/energy/comments/4c8ywq/are_there_scientific_reviews_of_mark_jacobsons/

A critical review of global decarbonization scenarios: what do they tell us about feasibility?

http://onlinelibrary.wiley.com/doi/10.1002/wcc.324/full (payant)

Lien direct : http://www.qualenergia.it/sites/default/files/articolo-doc/wcc324-1.pdf

« In this scientific paper, Jacobson’s plan is judged the least realistic. »

Prove This Is Wrong. ?

http://sunweber.blogspot.fr/2014/11/prove-this-wrong.html

 

Le Ressec.

Fessenheim :acharnement politico-médiapartique

Fessenheim, deux réacteurs parmi les 58 que compte la flotte nucléaire nationale, certes les plus anciens, mais de quelques mois seulement, certes frontaliers, mais ils ne sont pas les seuls, alors pourquoi cet extraordinaire focus qui dure depuis cinq ans alors qu’aucun autre déterminant ne les désigne :

– pas la sûreté de conception, reconnue par L’ASN, conforme aux canons les plus actuels, en particulier les normes post Fukushima,

– pas la sûreté d’exploitation classée dans le quartile supérieur dans les derniers exercices, toujours selon l’ASN, 

– pas l’efficacité économique, jugée parmi les meilleures en termes de disponibilité et de coûts d’exploitation.
Ce sont en réalité des otages politiciens (politique est un mot bien trop noble pour qualifier ces manœuvres néfastes), ce sont des symboles totalement fabriqués pour l’opinion, les premiers dominos à faire chuter dans une cascade qu’on voudrait délétère pour toute une filière.
Autrement dit, ces réacteurs qui ont toujours rempli leur cahier des charges et pourraient le faire encore pendant une décennie au moins, ont été choisis comme les premiers objectifs d’une blitzkrieg anti nucléaire, parce qu’en des temps favorables, il fallait attaquer au plus tôt et que les stratèges de la campagne pensaient, à tort, pour les fausses raisons précitées, si faciles à vendre, pouvoir les enlever sans coup férir.
Mais se battre contre les faits et la logique s’est révélé plus âpre que prévu.

Il est en effet difficile de décréter, du fait du prince, mal conseillé en la matière, qu’il est rationnel de fermer sans raison impérative, une installation industrielle génératrice fiable de courant, alimentant rationnellement toute une région, pourvoyeuse d’un grand nombre d’emplois qualifiés directs et indirects et présentant encore un fort potentiel technico-économique.

Une promesse, fut-elle celle d’un Président doté de pouvoirs très étendus, a besoin d’un substrat autre qu’une combine politicienne.
La longue saga indigeste, que cherche à relater Mediapart (Fessenheim, récit d’un arrêt raté par un pouvoir irrésolu. https://blogs.mediapart.fr/guillaume-blavette/blog/300816/fessenheim-recit-dun-arret-rate-par-un-pouvoir-irresolu)

avec un éclairage qui fait porter toute l’inertie de l’affaire (comprendre sabotage) sur le torve lobby de l’atome, n’évoque pas un instant le caractère totalement artificiel, de cette focalisation.

L’objectif désigné n’est jamais discuté au fond, ni même en surface d’ailleurs, car considéré d’abord comme le commencement d’un grand nettoyage de la machinerie nucléaire (de la mine à CIGEO) et de ses miasmes.

Quand la dialectique est à la peine, l’outrance et les arguties sont en terrain propice, qu’on en juge, car selon l’article de Mediapart précité :
« La filière nucléaire est décidément un navire à la dérive dont personne n’ose prendre la barre. Aurait-on oublié qu’il fonce vers la catastrophe ? qu’à chaque instant les réacteurs déversent leurs poissons dans l’environnement au péril de la santé publique ?
Il est encore temps de réagir. L’arrêt immédiat de Fessenheim, des autres réacteurs, de l’EPR, de Cigéo est possible si tant est que chacun se mobilise ».
Vient alors à l’esprit cette phrase de Churchill au lendemain de la victoire de Stalingrad : « ce n’est pas la fin, ce n’est même pas le commencement de la fin, mais c’est la fin du commencement » et pour les antinucléaires, la « victoire de Fessenheim » aurait clairement présenté les mêmes potentialités radicales que sa glorieuse devancière.
Contrairement à ce qui a été dit, ce n’est pas le pseudo lobby qui tient bon, il a su en d’autres temps se montrer souple, se croyant stratège en acceptant sans trop regimber l’arrêt de Superphénix, mais ce sont d’abord les personnels concernés, qui connaissent mieux que personne les machines qu’ils exploitent au quotidien, fruit d’une longue cohabitation avec des réacteurs qu’ils ont contribué à garder en ligne avec les exigences de sûreté et d’opérationnalité du jour.

Ils ne travaillent pas dans le cadre industriel crépusculaire que les media font imaginer, car tout au contraire, le « housekeeping » de ces installations complexes est remarquable.
Il a fallu aussi compter avec les collectivités et leurs élus qui cohabitent au long cours avec l’installation, aptes à mesurer sur le terrain les dommages que provoquerait cette fermeture inconséquente, mais aussi la vacuité des divers ersatz proposés.
Mais, même en cas d’alternance présidentielle et législative, le soldat Fessenheim ne serait pas sauvé pour autant. La présente mandature aura réussi -in extremis- à miner le terrain en prenant les décrets d’arrêt. Et même si les réacteurs seront encore en fonctionnement au moment d’une éventuelle bascule politique, revenir sur ces actes pourrait demander une nouvelle enquête publique, terrain propice à voir refleurir les pires avanies contre l’atome…et le courage politique se verrait alors vertement challengé par la pusillanimité.
Gérard Petit.

La tortue électrique pourrait rattraper le lièvre à fumée… si les Verts étaient écologistes

Pendant que Hollande dépense des fortunes pour ruiner EDF mais garder son vital électorat Vert, c’est autant de milliards manquants pour le Véhicule électrique. Pourtant c’est bien une piste de succès pour répondre aux alertes du GIEC. Qu’attend-on ? Colbert, revient. !

Article de 2009 (à peine corrigé) dans http://www.Lexpansion.com, imaginez les progrès en 7 ans ?!

« Le salut est-il dans la voiture électrique ?

Hervé Nifenecker (ONG Sauvons le climat)

« La nécessité de réduire les émissions de CO2 aussi bien que la perspective d’une forte augmentation du prix du pétrole, une fois la crise passée, a conduit les constructeurs aussi bien que l’Etat à un développement accéléré des voitures électriques. Cette « ruée » est-elle justifiée ou irréfléchie, reflétant un phénomène de mode comme on en trouve malheureusement tant d’exemple à l’heure où tous les projets doivent avoir le label « développement durable » pour être pris au sérieux ? La première question est évidemment de savoir si le développement des voitures électriques est économiquement raisonnable.
Perspectives économiques
Pour fixer les idées il est utile de retenir l’hypothèse d’une voiture tout électrique utilisant des batteries au lithium-phosphate de fer. A titre d’illustration nous considérons le projet Nissan-Renault/Better Place : un véhicule de type Kangoo avec une capacité énergétique des batteries de 25kWh, une autonomie de 165 km(0,15 kWh/km), une durée de vie des batteries permettant de parcourir 200000 km (2000 cycles), soit environ 10 ans. Rappelons quelques données économiques sur cette base. Le prix de batteries de 25kWh est actuellement d’environ 10000 €, que l’on peut considérer comme un sur-prix par rapport au modèle non électrique. Sur 10 ans et pour un kilométrage de 200000 km la dépense d’électricité au tarif heures creuses se monterait à 2010 € tandis que, pour un modèle standard consommant 6l/100km à 1 €/l, la dépense atteindrait 12000 €. Le sur-coût de la voiture électrique serait donc compensé en 10 ans. Il est vrai qu’il faudrait tenir compte des évolutions respectives des prix du pétrole et de l’électricité d’une part, de la TIPP et de la probable future taxe carbone d’autre part.. Pour des voitures urbaines plus petites, avec une batterie d’une capacité de l’ordre de 10 kWh, le sur-coût est amorti en moins de 6 ans.
Globalement, pour 10 millions de voitures électriques de type Kangoo, environ 5 milliards d’euros d’achat de pétrole importé seront économisés chaque année. Les consommateurs économiseront, eux, environ 10 milliards, mais l’état perdra de l’ordre de 5 milliards du fait de la diminution de la recette de TIPP et de TVA.
Toujours dans le cas d’un parc de 10 millions de voitures, on peut envisager qu’il faudra fournir 1 million de batteries chaque année, en générant un chiffre d’affaire d’environ 10 milliards d’euros, et 200000 emplois! La question de leur localisation est, évidemment, de première importance….Il est grand temps que l’industrie française des batteries se réveille!
L’un dans l’autre, sur le plan économique, le pari de la voiture électrique vaut la peine d’être tenté Qu’en est-il sur le plan écologique ?
Les voitures électriques peuvent elles contribuer à diminuer les émissions de CO2 ?
Les 1200 litres de diesel utilisées par le moteur thermique conduisent à l’émission de 2,9 tonnes de CO2 par an. Par eux mêmes, les moteurs électriques n’émettent pas de CO2. Certains tiennent toutefois à leur affecter le CO2 émis au stade de la production de l’électricité. En prenant la valeur moyenne des émissions en Europe (600 gCO2 /kWh) la consommation de 3000 kWh conduirait à l’émission annuelle de 1,8 tonnes de CO2 par an. Dans le cas de l’électricité produite en heures creuses en France (40 gCO2 /kWh) les émissions sont ramenées à 0,15 tonne de CO2.
Dans le cas français un parc de 10 millions de voitures électriques particulières permettrait donc d’éviter l’émission de 28 millions de tonnes de CO2 par an, soit plus de 7% de nos émissions totales et environ un quart des émissions du secteur des transports. En admettant un prix du CO2 de 50 euros la tonne, le prix du carbone évité atteindrait plus d’un milliard d’euros chaque année.
Sur le plan mondial, avec la mise en service de 600 millions de voitures électriques et en retenant un contenu en CO2 de l’électricité de 600 gCO2 /kWh, la réduction des émissions atteindraient 840 millions de tonnes, plus de 10% des émissions dues aux transport.
Sur le plan écologique le développement des voitures électriques est sans aucun doute justifié.
Y aura-t-il assez de lithium ?
Depuis quelque temps on peut lire ici ou là, que le développement des voitures électriques sera fortement limité par les réserves de lithium. La base scientifique de ce scepticisme se trouve dans l’article de W.Tahil. Les réserves de lithium estimées par ce dernier sont comprises entre 6,8 (réserves économiquement exploitables) et 15 millions de tonnes (réserves totales). Notons que les estimations de ces réserves sont dépendantes des coûts d’extraction acceptables. Un travail plus récent estime les ressources (hors considérations économiques) à 28,5 millions de tonnes. Actuellement le prix du lithium est aux environs de 5500 $ par tonne de Carbonate de lithium, soit environ 30 €/kg de lithium. Le poids de lithium inclus dans une batterie de capacité 25 kWh est de l’ordre de 3 kg. Le coût du lithium dans la batterie est donc de l’ordre de 90 Euros. Ce chiffre est à comparer au prix de 10000 € de la batterie. On voit qu’une augmentation d’un facteur 10 du prix du lithium n’aurait qu’une faible influence sur le prix total des voitures électriques. Il semble donc justifié de retenir l’estimation haute des réserves à 28 millions de tonnes de lithium. W.Tahil envisage la mise en service de 600 millions de véhicules électriques. Le stock de lithium présent dans les batteries de ces voitures serait donc de 1,8 millions de tonnes, un chiffre bien inférieur aux réserves. W.Tahil ne s’étend pas sur le recyclage du lithium, ce qui le conduit à envisager que ces 600 millions de voitures soient remplacées tous les 10 ans, ou, encore qu’en moyenne il faudrait trouver 180000 tonnes de lithium tous les ans. En une centaine d’années on voit que les réserves seraient largement entamées. Mais, non seulement le recyclage du lithium est possible, mais il est obligatoire. Dans ces conditions tout change. Même un taux de recyclage assez médiocre de 90% permettrait de ne pas épuiser les réserves avant mille ans.
Il reste un vrai défi : celui de développer suffisamment vite la production. Celle-ci atteint actuellement environ 23000 tonnes par an7. Supposons que l’on désire atteindre le nombre de 600 millions de voitures électriques d’ici 20 ans. Il s’agit de mettre en service une moyenne de 30 millions de voitures chaque année nécessitant une extraction annuelle moyenne de 90000 tonnes de lithium, soit 4 fois plus qu’actuellement. Ceci correspond à un taux annuel d’augmentation de 14% . Rapide, sans doute, mais pas impossible.
Il faut, pour être complet, constater que la répartition des réserves pourrait avoir des conséquences géo-stratégiques. En effet, les exploitations les plus rentables consistent à extraire le lithium de saumures qu’on trouve soit dans des nappes aquifères salines souterraines soit dans des eaux salées de surface. Les plus important gisements se trouvent au Chili (3 millions de tonnes), en Bolivie (5,4 millions de tonnes), en Argentine (2 millions de tonnes), en Chine (2,7 millions de tonnes), en Russie (3 millions de tonnes). Autrement dit, les pays industrialisés risquent de dépendre de pays d’Amérique Latine pour leur lithium comme ils dépendent du Moyen Orient pour leur pétrole. Avec la nuance, toutefois, qu’une pénurie n’empêcherait pas les voitures de rouler; elle mettrait en cause le rythme d’augmentation du parc.
De combien faudrait-il augmenter la capacité nucléaire pour alimenter les voitures électriques ?
Une voiture parcourant 20000 km/an consomme 3000 kWh/an. La consommation totale de 10 millions de voitures atteindrait alors 30 TWh, soit 6% de la production française, un peu moins que 4 réacteurs de 1 GW, soit 6 % de la puissance installée. En réalité la puissance nucléaire nécessaire serait plus faible : en effet, entre une heure et six heures du matin la production des centrales nucléaires est entre 5 et 10% inférieure à leur production diurne (d’où l’intérêt du double tarif pour EDF). Dans ces conditions, si les recharges ont lieu préférentiellement de nuit on peut estimer qu’il ne serait pas nécessaire d’augmenter la puissance nucléaire pour faire face à la nouvelle demande. »

Fin

Autre texte, mais où les coûts d’intégration des composants devront être approfondis:
http://www.sauvonsleclimat.org/documentsslchtml/points-de-vue-de-signatairehtml/la-voiture-urbaine-electrique/35-fparticles/679-la-voiture-urbaine-electrique.html

 

ANNEXE : pour en savoir plus => Le scénario MESSAGE Supply-N proposé au GIEC pour le monde :

http://cap22.blogspot.fr/2016/10/le-scenario-messagesupplyn-loption.html

 

Traduction du discours d’Obama: « Le rejet des faits, le rejet de la raison et de la science est le chemin déclin »

https://www.whitehouse.gov/the-press-office/2016/05/15/remarks-president-commencement-address-rutgers-state-university-new

Discours de Rutgers – 2016

2mn : https://m.youtube.com/watch?v=UjGUUGw0pQ8

42mn https://m.youtube.com/watch?v=xkCABjFT32A

 

« Les faits, les preuves, la raison, la logique, la compréhension de la science, ce sont de bonnes choses. Ce sont des qualités que vous voulez voir chez les gens qui font de la politique. Ce sont des qualités que vous voulez continuer à cultiver en vous-mêmes en tant que citoyens. Voilà pourquoi nous honorons Bill Moyers ou le Dr Burnell.

Nous avons toujours valorisé ces choses. Mais si vous écoutez le débat politique d’aujourd’hui, on peut se demander d’où vient cette souche d »anti-intellectualisme. Ainsi, à propos de la classe politique de 2016, permettez-moi d’être aussi clair que je peux l’être. En politique et dans la vie, l’ignorance n’est pas une vertu. Il n’est pas cool de ne pas savoir de quoi on parle. Ce n’est pas reconnaître le réel, ou dire ce qu’il est. Ce n’est pas challenger le politiquement correct. C’est tout simplement ne pas savoir de quoi on parle. Et pourtant, nous en sommes venus à la confusion sur ces sujets.

Regardez, les fondateurs de notre nation – Franklin, Madison, Hamilton, Jefferson – ils sont nés des Lumières. Ils ont cherché à échapper à la superstition, au sectarisme et au tribalisme, et à sortir du néant. Ils croyaient à la pensée rationnelle et de l’expérimentation, et la capacité des citoyens informés de maîtriser nos propres destins. Ce qui a été incorporé dans notre conception constitutionnelle. Cet esprit a formé nos inventeurs et nos explorateurs, les Edisons et les frères Wright et George Washington Carvers et Grace Hoppers, et Norman Borlaugs et les Steve Jobs. Voilà ce qui construit ce pays.

Et aujourd’hui, dans chaque téléphone situé dans une de vos poches nous avons accès à plus d’informations que depuis toujours dans l’histoire humaine, d’une simple pression sur un bouton. Mais, ironiquement, le flot d’informations n’a pas fait de nous les plus exigeants de la vérité. À certains égards, il est juste de dire que cela nous a rendus plus confiants dans notre ignorance. Nous supposons que tout ce qui est sur le web doit être vrai. Nous recherchons des sites qui renforcent simplement nos propres prédispositions. Les opinions se déguisent en faits. Les théories du complot les plus folles sont prises pour paroles d’évangile.

Maintenant, comprennez moi bien, je suis sûr que vous avez appris au cours de vos années de collège – et si non, vous l’apprendrez rapidement – qu’il y a un tas de gens qui sont intelligents comme des livres mais n’ont pas de bon sens. Voilà la vérité. Vous les rencontrerez si vous ne l’avez pas déjà fait. Des qualités comme la bonté et la compassion, l’honnêteté, le travail acharné, ont souvent plus d’importance que les compétences techniques ou le savoir-faire.

Mais quand nos dirigeants expriment un dédain pour les faits, quand ils ne sont pas tenus pour responsables d’avoir répété des contrevérités et juste maintenu les choses en place, tandis que les experts réels sont rejetés comme élitistes, alors nous avons un problème.

Vous savez, il est important que si nous tombons malades, nous voulions effectivement faire en sorte que les médecins soit allés à l’école de médecine; qu’ils sachent de quoi ils parlent. Si nous sommes dans un avion, nous voulons vraiment un pilote qui soit en mesure de piloter l’avion. Et pourtant, dans notre vie publique, nous pensons certainement, «Je ne veux pas des sortants.»
Le rejet des faits, le rejet de la raison et de la science est le chemin du déclin. Il appelle à l’esprit les paroles de Carl Sagan, qui a obtenu son diplôme des hautes écoles ici dans le New Jersey, il a dit: «Nous ne pouvons juger nos progrès que par le courage de nos questions et les profondeurs de nos réponses, notre volonté d’embrasser ce qui est vrai, plutôt que ce que nous ressentons comme bon.  »

Le débat sur le changement climatique est un exemple parfait de cela. Je reconnais qu’on ne ressent pas que la planète est plus chaude en ce moment. Je comprends : Il y avait de la grêle quand j’ai atterri à Newark ! Mais pensez à la question du changement climatique. Chaque jour, il y a des fonctionnaires qui ont de hautes fonctions et des responsabilités qui se moquent du consensus écrasant des scientifiques du monde entier sur le fait que les activités humaines et la libération de dioxyde de carbone et de méthane et d’autres substances modifient notre climat de manière profonde et dangereuse.

Il y a peu, vous avez peut-être vu un sénateur des États-Unis brandir une boule de neige lors d’un discours au milieu de l’hiver comme «preuve» que le monde ne se réchauffe pas.

Je veux dire, écoutez-moi bien, le changement climatique n’est pas quelque chose soumis à la propagande politique. Il existe des preuves. Il y a des faits. Nous pouvons le voir, çà se passe maintenant. Si nous ne faisons rien, si nous ne poursuivons pas les progrès que nous avons fait à Paris, les progrès que nous avons fait ici à la maison, votre génération sentira le poids de cette catastrophe.

Donc, c’est à vous d’insister sur la forme et sur un débat éclairé. Imaginez si Benjamin Franklin avait vu le sénateur avec la boule de neige, ce qu’il penserait. Imaginez si votre professeur de sciences de 5e année l’avait vu. Il aurait obtenu un D ! Et il est sénateur !

Ecoutez, je ne veux pas dire que l’analyse froide et les données dures sont plus importantes dans la vie que la passion, ou la foi, ou l’amour, ou la fidélité. Je suggère juste que les expressions les plus élevées de notre humanité ne peuvent prospérer que lorsque nos fonctions économiques, avec ce que les budgets proposés ajoutent, permettant à notre environnement d’être protégé. Et pour accomplir ces choses, pour prendre des décisions collectives au nom du bien commun, nous devons utiliser nos têtes. Nous devons être d’accord que les faits et les preuves comptent. Et nous devons faire en sorte que nos dirigeants et nous-mêmes soyons responsables de dire de quoi est fait le diable dont ils parlent.