La vaste supercherie de l’excès de cancer en Corse qui serait du à Tchernobyl,

…ou comment interpréter des statistiques pour défendre une cause.
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Paris, 23 juillet 2013 (Donc avant la prise de position officielle de notre ministre)
Une enquête sur l’impact de Tchernobyl en Corse a été enfin conduite et les politiques se sont exprimés sur le sujet. Sans remettre en cause les résultats obtenus en cours de l’étude, nous sommes très surpris des conclusions qui en ont été tirées : les données et graphiques ne démontrent pas du tout un lien entre l’AUGMENTATION des incidences de maladies thyroïdiennes en Corse et Tchernobyl, mais démontrent bien autre chose.

Nous sommes vraiment étonnés que des politiques avisés comme le Président Giacobbi aient emboîté le pas à Madame Michèle Rivasi pour conclure à un lien manifeste. En effet, les données montrent une augmentation progressive des maladies thyroïdiennes, mais d’une part, cette augmentation a bien lieu dès 1984, soit plusieurs années avant que l’on puisse imaginer un lien avec l’exposition aux faibles doses dues à Tchernobyl, sauf exceptions individuelles toujours possibles, et d’autre part, l’erreur statistique est telle qu’il est impossible de conclure (comme pour les études précédentes).

Et pour cause ! les doses infinitésimales ne peuvent avoir aucun effet sur les humains, autres que nocébo, et c’est là que cette publication est scandaleuse.

Si les détails vous intéressent, nous vous donnons ci-dessous notre propre analyse et les références d’une analyse critiques des conclusions de cette étude.

En tant que scientifiques, mais aussi électeurs et militants politiques, nous osons espérer que cela incitera les commentateurs à une plus grande prudence et conduira à améliorer les conclusions politiques que les membres de l’Assemblée territoriale seraient susceptibles de tirer de cette étude pour l’avenir de la Corse.

 Pour le RESSEC, Stephan Savarese
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Analyse résumée: dans le rapport final de l’étude :

Source: http://www.corse.fr/Consultez-le-rapport-final-relatif-a-l-enquete-epidemiologique-retroactive-concernant-les-consequences-du-nuage-de_a4221.html

apparaissent les figures ci-dessous. Elles résument bien les résultats de l’étude:

1. la période d’étude commençant en 1983, on ne dispose pas de données fiables sur une période significative avant l’accident. Les données de l’année 1983 sont particulièrement édifiantes. Si elles sont fiables, alors l’incidence augmente dès 1984 et 1985. Comment l’imputer à Tchernobyl? En revanche, c’est la montée en puissance des centrales au fuel lourd de Lucciana et Vazziu !!! Ou bien est-ce la mise en place ou le renforcement d’un système de surveillance sanitaire en Corse? Ou bien encore l’évolution de l’exposition de la population au soleil en montagne (figure ci-jointe phase4.png) ?

2. lorsque l’étude montre une augmentation du risque, aucune barre d’erreur ne figure sur les graphiques. En revanche, lorsque les résultats démontrent une baisse, une barre d’erreur d’amplitude supérieure aux données est ajoutée au graphique ! Cela viole les règles élémentaires d’une présentation objective des données: pourquoi avoir omis les barres d’erreurs lorsque les indicateurs augmentent et les avoir laissées lorsqu’ils baissent ?
Exemples: figures phase1.png (adultes) et phase2.png (enfants) ci-dessous.
3. lorsque l’étude ne montre aucune augmentation du risque, elle est assortie de commentaires assurant du contraire !
Exemple: figure 3 ci-dessous cancers.jpg

L’honnêteté scientifique est bafouée par ces modes de présentation. Un rappel des études précédentes, qui recensent des données acquises depuis 1973, aurait été utile. On y voit clairement que la détection des maladies thyroïdiennes a augmenté à un rythme quasiment constant sur la période 1973-1984. Puis ce rythme a ralenti, tout en continuant de progresser à la faveur des améliorations des dispositifs de dépistage. Cette étude ne remet absolument pas en cause cette conclusion, malgré les données supplémentaires recueillies.
Par rapport aux études précédentes, le recueil de témoignages locaux est une avancée significative, mais l’incertitude statistique reste trop importante. Dans les études précédentes, l’incertitude statistique a aussi diminué avec le temps, ce qui sera probablement le cas si l’on décide de compléter les travaux engagés en les soumettant aux règles professionnelles strictes du processus scientifique: revue contradictoire par des pairs, avis des autorités compétentes, académies de Médecine et des Sciences, etc.

– analyse détaillée:
http://www.rue89.com/2013/07/16/nuage-tchernobyl-lenquete-corse-completement-fumeuse-244265

 Image
Figure 1 : Phase 1 (adultes) 
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Figure 2 : Phase 2 (enfants)

 Image

Figure 3 (Cancers)

 

Image
 Figure 4 (évolution)
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Une réflexion sur “La vaste supercherie de l’excès de cancer en Corse qui serait du à Tchernobyl,

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