Transition énergétique : les ONG divisées … et influencées par leur mode de financement.

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Cf le site des ONG anti-nucléaires : http://transitionenergetique.org/ce-que-nous-proposons/

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A l’heure du débat relatif à la « transition énergétique » différentes options s’offrent à nous.

Si tout le monde s’accorde pour souhaiter économies, efficience, et développement massif et rapide de certaines énergies renouvelables, et saluons à cette occasion le travail remarquable de vulgarisation et d’action réalisé par tous les contributeurs, le diable se cache dans les détails et d’importantes disparités d’opinions doivent être relevées.

En effet certains groupements d’ONG anti-nucléaires voudraient faire passer leurs idées pour représentatives des « ONG ». Or il n’en est rien. et heureusement vu les conséquences à venir de certaines de leurs propositions.

Quelques petites ONG comme « Sauvons Le Climat », et d’autres, insistent pour dissiper ces idées reçues et ces mesures contre-productives. Sont-elles inféodées elles aussi à des lobbies ? pas du tout, elles sont souvent animées par des scientifiques retraités désintéressés qui travaillent dans l’intérêt général, sans idéologie autre que celle de la science, et sans dépendre financièrement de riches parrainages, c’est ce qui garantie en partie leur probité. Sont-elle incapable d’imaginer un nouveau monde à la Rifkin ? Que nenni ! ce sont souvent des geek informés des moindres innovations et en mesure d’en calculer les potentiels avec rigueur.

Alors que penser des grandes ONG très visibles dans les média et capables de drainer des milliers d’adhérents ?
Leur indépendance ne serait pas démontrée.
C’est le cas ici pour :
Réseau Action Climat France (dépendant du CAN International)
Dépendance indirecte vers les ONG membres (Greenpeace,…)
« 70 salariés, Budget : 14 millions d’euros financés à 80% par 150 000 adhérents » (sans compter officiellement les 200 millions d’euros annuels de GP international…)
 – Fondation Nicolas Hulot (qui était réaliste sur le nucléaire (et pas seulement parce que TF1-Bouygues finançait comme aimerait le penser Y. Jadot) avant d’avoir des ambitions politiques chez les Verts (ou spéculons un peu, car épinglée par un rapport co-écrit par une membre du Pole écologique : Mme Gaillard, députée )
Budget : dons publics à hauteur de 5% des 4,5 millions d’euros
– Le lobby du CLER, (qui n’assume pas son nom de Comité de Liaison pour les Énergies Renouvelables) sur ce PDF  en se baptisant : « Réseau pour la transition énergétique »).

Sortir du nucléaire

Budget : dons à hauteur de 81% des 1,5 millions d’euros annuels

Etc…
Comme le rappelle le groupe socialiste au parlement européen : « Sortons de l’idéologie anti nucléaire ! ».  Elle nous fait dire des bêtises tant on cherche à justifier ses thèses par des sophismes éculés.

Explication :

Si la plupart des ONG sont anti-nucléaires alors que la population ne l’est pas, c’est parce qu’elles dépendent de financements qui militent dans ce sens :

1) Financée par le grand public, qui par idéal se dit parfois au premier abord qu’il faut évidemment se passer des énergies « dangereuses » et favoriser les énergies « propres », peu importe si cela recouvre une réalité plus complexe, pas le temps d’étudier ces questions, « entre boulot, enfants et loisirs, les « ONG » le fond pour nous, et l’état est bien misérable de ne pas suivre ces apôtres du bon sens…« . Fausse bonne idée.

2) Les lobbies : contrairement à ce qu’on croit, les industriels privés émergents (par exemple ceux du CLER) ont beaucoup plus à dépenser auprès des ONG que les énergies publiques. Sans parler des mafieux qui recyclent l’argent sale. En convoquant la démocratie d’opinion, en s’associant à des élus locaux plus ou moins désinteressés, elle contourne les sachants, et arrache des décisions qui s’averrent plus tard être catastrophiques comme en Allemagne, ou qui étaient sur le point de réussir au Japon.

Le DNTE risque d’en être la preuve flagrante si l’on n’y prend pas garde, et le PS a pris le risque de la démocratie : à lui de veiller au respect de l’intérêt général. Surtout vu l’opportunité pour EELV d’en soutirer toute l’audience et la légitimité des résultats.

Heureusement, la France garde sa tradition rationaliste et jacobine, et ne se laisse pas (trop…) influencer par de telles manœuvres. La « promesse » d’une baisse de 33% du nucléaire en est la preuve : elle est davantage destinée à produire un choc dans les esprits sur le fait que l’énergie facile remplaçant les fossiles sans ENR n’est pas pour demain. Passé la prise de conscience, l’inertie des délais de remplacement des centrales aura presque déjà rendu cet objectif effectif sans fermer une seule centrale à court terme, vu la croissance de la consommation dans les décennies à venir.

3) Les énergies brunes (charbon, pétrole, gaz) : ce sont elles qui ont le plus intérêt au statu quo promis par l’illusion de l’électricité renouvelable intermittente : sans affirmer avec certitude qu’elles financent en douce certaines ONG, tout comme certains services de l’Est qui y ont aussi grandement intérêt, on peut légitimement s’interroger.

Alors comment cela se traduit-il sur le fond ?

Par des préconisations avancées dans ce débat qui sont contre-productives.

Ce sont les ENR chaleur décentralisées qui peuvent le mieux se substituer aux énergies fossiles : solaire thermique, pompes à chaleur, biomasse (carburants de 3ème génération), et méthanisation (sans dépasser la production limite comme en rêve Negawatt), parfois géothermie quand c’est rentable (faible flux en France), etc…  Mais celles ci coutent cher, sont complexes à installer et ne rapportent pas rapidement.

Alors on promeut à coups de grandes subventions publiques (pour encore combien de temps ?) des milliers de cathédrales éoliennes et photovoltaïques extensives au dépend de surfaces utilisées par les hommes et les animaux. Jusqu’à 10 milliards d’euros pour des éoliennes offshore dont personne n’a besoin en France.

Des exemples de préconisations indues ? Examinons ces propositions :

Mesure 3 – Mettre fin au gaspillage d’électricité

Bien sur ! mais encore faut-il savoir lequel. L’électricité, énergie beaucoup plus propre et avec un facteur d’efficacité élevé si on quitte le dogme fantaisiste de « l’énergie primaire gaspillée » (quand justement elle est abondante et propre) apporte des bénéfices incomparables y compris dans le chauffage quand il est rentable pour l’individu et la société, et correctement pensé (radiateurs à accumulation etc…).

Mesure 5 – Supprimer progressivement les modes de chauffage polluants ou inefficaces

Bien sur ! mais pourquoi mettre en photo un radiateur électrique ?! alors qu’il remplace un chauffage fioul ou gaz qui lui n’aurait pas été décarboné et qu’il est produit nationalement à 90% ! Preuve s’il en ait de la confusion des esprits ou de la manipulation idéologique..

Mesure 7 – Programmer l’arrêt du nucléaire

On le voudrait tous, mais il faut se raisonner : les technologies et les finances ne peuvent pas tout. Le principe de réalité doit pour l’instant nous faire choisir entre : plausibilité d’une décroissance rapide (et explosion sociale) ou un mix équlibré et finançable : « ENR non intermittent + Nucléaire » (soit 40% / 40% d’ici 2050 pour ne laisser que 20% aux fossiles par exemple) en attendant d’autres propositions réalistes. Et aucune limite éthique, technique ou financière ne récuse cette opportunité. Que ce soit démantèlement, déchets, sécurité, coûts, souveraineté, aucun contre-argument ne tient réellement la route dès qu’on étudie la question de près.

Mesure 8 – Soutien aux énergies renouvelables

Oui mais pas soutien aux lobbies privés et aux particuliers qui vivent durablement de la rente des subventions payées par nos précieux impôts sans apporter de bénéfices à la société (et en nous éloignant donc de la solution).

Mesure 13 – Financement de la transition énergétique

Oui mais selon quelle clé de répartition ? Le CLER aimerait près de 100% pour les ENR électriques (importées et à forte énergie grise), tout comme ses actionnaires ? Ce n’est évidemment pas souhaitable.

Alors que proposer de vertueux à la place ? LE PITCH EST SIMPLE !

1. Le prix de l’électricité va augmenter: ce n’est pas une fatalité. Au contraire, ralentir la hausse de l’électricité permet de lutter contre la précarité énergétique. En France, c’est facile, il suffit de ralentir les subventions aux EnR, de prolonger la vie des centrales nucléaires quand l’ASN le juge acceptable moyennant travaux et d’arrêter d’investir dans les centrales au fuel et au gaz.
2. Étendre les usages de l’électricité décarbonée à coût modéré , c’est à dire créer des emplois durables, réduire la pollution, lutter contre le changement climatique et améliorer la compétitivité des entreprises. Il faut accélérer l’électrification des bâtiments, de l’industrie et des transports.
3. Introduire progressivement une taxe carbone, c’est à dire préparer le futur. Cela envoie un signal prix clair aux particuliers et aux marchés qu’il faut investir dans les économies d’énergies et l’économie décarbonée. Cela permet de réduire les importations d’énergie en finançant le développement des alternatives nécessaires aujourd’hui encore trop rares ou trop chères: les EnR qui s’avèrent globalement vertueuses dans les régions naturellement favorisées, le nucléaire EPR puis ensuite de quatrième génération ailleurs.
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