La Gauche Durable, combien de divisions ?

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A l’attention de

Laurence Rossignol, Christian Paul, Pervenche Béres, Philippe Martin, Philippe Plisson, Barbara Romagnan, Nicole Bonnefoy, Pouria Amirshahi, Olivier Dussopt, Daniel Goldberg Député(e)s, sénatrices, députée européenne.

Suite à la tribune « Pour une Gauche durable« .

http://www.pervencheberes.fr/2012/07/09/pour-une-gauche-durable/

Le collectif de « La Gauche Durable » cherche à faire évoluer les mentalités vers une transition qualitative, écologique et responsable : fin de la croyance absolue dans la croissance, préoccupation environnementalo-centrique, réalisme sur les techniques moins polluantes que les énergies fossiles comme notamment le nucléaire.

C’est une œuvre louable qui tardait à naitre au sein du PS, risquant de laisser le terrain à en courant extrémiste comme Le Pôle écologique, ou aux concurrents d’EELV, du PG ou du Centre.

Mais, si les ambitions sont saines, la question de la méthode pose problème. En effet une transition écologique non chiffrée n’est pas durable.

C’est pourquoi le RESSEC pense qu’on ne peut se contenter de belles résolutions ou de déclarations d’intention sans lendemain faute de financement.

Seul un plan stratégique rigoureux décrivant un chemin plausible peut sortir la France des périls qui s’annoncent (casse du modèle social vu la dette, pollution grandissante et répercussions sur la santé, populisme, fracture sociale et énergétique, gaspillage des finances, maux divers grévant les forces vives de la nation).

Or il faut dire la vérité aux français : non les investissements ne peuvent être gaspillés sous prétexte qu’ils servent nos seuls idéaux écologistes. La question du moindre mal doit présider. La hiérarchisation des meilleures solutions doit primer. Seuls celles qui assurent le salut économique et social doivent être sélectionnées. C’est donc un savant dosage, excluant tout greenwashing, qui doit être retenu : Le retour sur investissement (ROI : Return On Investment) et la durabilité d’une économie économisant le carbone.

Économies et efficience jusqu’au point de rentabilité et de bénéfice social, un maximum d’ENR à chaque fois qu’elles n’entrainent pas de backup au gaz ou au charbon, électrification massive de l’économie, adossée à une production la plus sûre, propre et économe possible : un mix de 40% d’ENR et 40% d’électro-nucléaire 3G+, laissant 20% aux fossiles d’ici 2050…

Sortons des sophismes et autres idées reçues sous prétexte de soutien à certaines promesses électoralistes du gouvernement Hollande, que nous soutenons pleinement par ailleurs :

Non l’énergie la moins chère n’est pas toujours celle qu’on ne consomme pas, non le foisonnement soleil et vent n’offre pas l’autonomie au super grid européen, non la filière hydrogène ne doit pas engloutir des milliards alors que l’électrique doit attirer massivement nos investissements,  non les énergies renouvelables ne sont pas toujours porteuses de plus d’emplois que le nucléaire lorsqu’elles ne sont pas encore compétitives (cf. les Ateliers Nationaux), non Fessenheim ne doit pas fermer si l’ASN ne le demande pas, non le chauffage électrique moderne n’est pas nuisible mais à développer résolument, oui un deuxième EPR doit rapidement être lancé en France, avant de le généraliser et remplacer progressivement nos 58 réacteurs par des versions plus sures et productives, non le démantèlement n’est pas un problème technique ou financier, ni une filière sérieuse en matière d’emploi, non l’enfouissement des déchets n’est plus une limite technique ou financière à craindre, oui les solutions vertueuses doivent être bien davantage soutenues sur des filières françaises : Pompes à chaleur, solaire thermique, biomasse, transports électriques (2, 3 et 4 roues, PL, rail), cogénération nucléaire, micro-hydraulique, agro-écologie, puis ensuite Génération IV nucléaire renouvelable, etc…

Et pour cela il faut libérer les quelques financements que l’état de la France nous autorise. Et ne pas livrer aux importateurs d’éoliennes et de solaire PV (produite au charbon en Chine) et de gaz russes ou de schiste nos derniers euros.

Cela signifie qu’il faut stopper les investissements massifs dans l’éolien (10 milliards inutiles dans l’offshore, loi sur les 5 mats, …), alors qu’on néglige la réduction fioul / gaz dans le chauffage, pour maintenir des subventions abusives dans le solaire affaiblissant les investissements sur l’isolation. Oui à la R&D (solaire, batteries, …), oui aux investissements qui rapportent, non à ceux pour se donner bonne conscience ! Non au financement de l’échec écologique et social à l’allemande, oui au soutien d’une Europe complémentaire et dynamique.

Alors quel scénario proposer ? Le scénario NEGATEP en pourrait être une illustration de par sa méthode pragmatique et vertueuse : aucune idéologie ni pensée unique ou lobby quelconque : allons au plus propre pour l’homme et au plus efficace. (voir http://www.sauvonsleclimat.org)

Dès lors, la lutte contre la précarité énergétique pourra devenir réalité. Sinon, pas de bras, pas de chocolat !

Plutôt de se tirer une balle dans le pied en visant des objectifs négatifs (réduire d’un tiers le nucléaire, et passer de 23% de nucléaire à seulement 15% sans autre alternative sérieuse de remplacement !), augmentons notre capacité productive comme le propose le ministère du redressement productif. Et chassons résolument toutes les formes de vulnérabilité stratégiques et économiques liées aux fossiles. Il y a désormais urgence.

Effectivement l’opinion doute de la légitimité de cette option face aux mensonges quotidiens des Verts et du FG, mais c’est l’honneur du PS et du PC de tenir un langage de vérité. C’est ce qu’on doit aux français. Sinon, ils auront raison de miser en 2017 sur l’opposition, si elle est la seule à tenir compte du principe de réalité.

Comme disait Staline, La Gauche Durable, combien de divisions ? Il faut ré-armer la gauche durable pour lui donner des moyens importants.

Plutot que d’écouter les sirènes vertes, trouvons notre force dans des idées ambitieuses, innovantes et réalistes.

Signé :

Le RESSEC – Le Réseaux des Ecologistes Socialistes pour la Sortie des Energies Carbonées.

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Une réflexion sur “La Gauche Durable, combien de divisions ?

  1. On ne reconstruit pas une économie uniquement avec des mesures politiques et sociales. Il faut un projet économique qui restructure la base de l’économie = le secteur primaire … Outre l’agriculture et la pêche (projets déjà bien engagés), il y a l’énergie: plus de 70 milliards de déficit commercial dès 2013. Cela doit changer dès 2014. Profitons du DNTE pour avancer simultanément sur l’écologie et l’économie en proposant le remplacement de notre système intensif en énergies carbonées par un nouveau système basé sur l’énergie décarbonée. Toutes les énergies sont utiles, mais ce sont les proportions qui doivent changer. Beaucoup plus de solaire (au sud du 45ème parallèle) et de nucléaire (au nord), un peu plus d’énergie hydraulique, éolienne, hydrolienne, géothermique, … C’est le complément indispensable aux économies d’énergie qui nécessitent un chantier long et difficile (la rénovation thermique de 20 millions de logements va prendre 50 ans: elle ne constitue pas une dynamique de relance suffisante, même si elle en fait partie).

    Le RESSEC 2050*, c’est maintenant!

    *en 2050: augmenter la part de l’électricité de 30% aujourd’hui à 67% de l’énergie consommée (avec un mix électrique 2050 de 30% ENR + 70% nucléaire), complétée par 17% de carburants forestiers et 16% de chaleur renouvelable

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