La permaculture est-elle assez productive pour aider vraiment à sauver le climat ?

Question ouverte : la permaculture est-elle un effet de mode ou un réel moyen de contribuer substantiellement à la prévention du réchauffement climatique en développant un nouveau puits de carbone ?

Combien coûte la tonne de CO2 évitée dans cette configuration ? Est-ce compétitif ? On peut en douter car le diable se cache souvent dans les détails.

Pour mémoire, le nucléaire c’est potentiellement 50% de l’énergie de 2100.

Et la permaculture, c’est davantage que 1% ?

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Sortir du charbon, pas du nucléaire

Sortir du charbon, pas du nucléaire

Militant écologiste depuis plus de 30 ans, je suis souvent étonné de rencontrer d’autres écologistes qui ont plus peur du nucléaire que du charbon. Je suppose que c’est parce qu’ils ignorent les méfaits du charbon. Hier, j’en ai rencontrés qui ignoraient même qu’il reste des centrales à charbon en France. Contrairement à ce que l’on peut lire dans les médias, le charbon produit autant d’électricité que les énergies renouvelables en France: environ 6 à 8 TWh/an. En Allemagne, qui est, contrairement à ce qu’affirment le gouvernement et la plupart des écologistes, en retard dans la transition énergétique, c’est encore pire. Le charbon produit beaucoup plus d’électricité que les énergies renouvelables, malgré des centaines de milliards d’euros d’investissements. Cela se traduit par une stabilisation des émissions de CO2 en Allemagne depuis 10 ans, alors que d’énormes efforts avaient été entrepris pour les baisser:

20170201-uba-greenhousegasemissions1990-2015

L’Allemagne reste bloqué à 900 MtCO2/an, car elle n’a pas su prendre les mesures nécessaires pour simultanément, électrifier son économie,  maîtriser le coût de l’électricité et la décarboner. La France l’a mieux fait, ce qui a rendu possible une baisse progressive des émissions de CO2:

emissionsFR1990-2014

Or, il y a bien pire à court terme que les émissions de GES, qui représentent un danger sur le long terme. Cette dépendance au charbon provoque des dizaines de morts par jour en Europe à cause des maladies respiratoires induites, essentiellement dues aux particules fines émises par la combustion de charbon. La répartition de ces particules en situation anticyclonique illustre bien le problème :

particlesFR.png

Les centrales à charbon allemandes et polonaises sont tellement polluantes que l’université de Stuttgart a pu en  déterminer l’impact sur la santé dans toute l’Europe, comme le montre ce graphique :

D-PL-emissions.png

Dans le monde, les seules maladies respiratoires dues aux centrales à charbon causent 377 morts par jour, dont 62 en Europe, 22 en Allemagne, 2 en France: comment l’ignorer?

Au delà des seules maladies respiratoires, même en tenant compte des accidents, le charbon reste de loin la pire solution pour les humains:

NRdeath

et la nature, le nucléaire ayant la meilleure empreinte écologique, notamment grâce à sa faible nocivité et sa forte compacité:

NRJlifecycleGES2

La conséquence est brutale par rapport aux convictions que des générations de militants écologistes se sont forgées : on ne peut pas être à la fois écologiste et opposé à l’énergie nucléaire, car c’est le seul moyen efficace (ECOLOGIQUE ET économique) que l’on ait trouvé pour remplacer le charbon. En effet, les pays qui ont fait le choix de remplacer le nucléaire paient non seulement au prix fort de la pollution, mais aussi celui de l’électricité chère, facteur de précarité énergétique. Le graphique suivant montre quels pays subissent les conséquences désastreuses (pour les consommateurs particuliers et les PME) de la non-prise en compte de la réalité : Le Danemark et de l’Allemagne

Contrairement à ce que l’on entend encore malheureusement dans les médias, le problème des déchets peut être facilement résolu en modifiant les traités internationaux : recyclage à l’usine de la Hague (Cotentin) en France, puis stockage des résidus non recyclables dans des entrepôts souterrains internationaux sans risque pour l’environnement (car certains pays comme l’Allemagne et les USA ont échoué dans la maîtrise de ces technologies, tandis que seules la France et la Finlande ont réussi à le faire).

En France, pour se débarrasser des 3% de production électrique des centrales à Charbon restantes, il faut des réacteurs nucléaires supplémentaires. Nous devons non seulement éviter de fermer prématurément des réacteurs nucléaires , mais au contraire, nous devons construire quelques EPR de plus (dans le nord de la France) pour décarboner l’Europe.

Pourquoi l’énergie nucléaire est-elle une énergie d’avenir ?

Comme la plupart des énergies quantiques (solaire, fusion), la  fission nucléaire est inépuisable. Un flux continu d’uranium, représentant suffisamment de combustible pour des réacteurs nucléaires d’une puissance totale de l’ordre de 20 000 GW, est charrié vers les océans par les fleuves. Pour le récupérer, une technique écologique a été mise au point qui rend renouvelable la fission nucléaire. Ce fait récent est encore largement méconnu, mais a fait l’objet de publications régulières depuis 2010, dont la dernière montre comment la fission nucléaire, grâce à sa vitesse de déploiement inégalable, peut nous aider à gagner 1°C de réchauffement pour passer de +2,6°C (la trajectoire des contributions nationales à l’Accord de Paris) à +1,5°C (l’objectif de l’Accord de Paris). Pourquoi ? Parce qu’il n’y a pas de plan d’adaptation réaliste à +2,6°C.

Conclusion

Grâce à la fission nucléaire renouvelable, nous pourrions effectivement avoir un système électrique 100% renouvelable en 2050. Sans fission, cela semble quasiment impossible. Etre écologiste en 2017, ce n’est pas vouloir la sortie du nucléaire, mais la sortie du charbon avec la transition vers le nucléaire renouvelable et durable.

Quelques idées reçues sur l’énergie : Spécial Chauffage électrique nucléaire.

​Les préjugés poussent les écolos à penser antinucléaire donc antiécologie à propos du chauffage électrique. Les écomodernistes sont agnostiques donc regardent les faits.
Exemples :
Idée reçue n°29 :  » La norme RT2012 dans le batiment a raison de décourager le chauffage électrique en comptabilisant l’énergie primaire  »
https://quelquesideesrecuessurlenergie.wordpress.com/2011/12/11/ideerecue-n29-la-norme-rt2012-dans-le-batiment-a-raison-de-decourager-le-chauffage-electrique-en-comptabilisant-lenergie-primaire/
Idée reçue n°15 :  » Le chauffage électrique est une ineptie  »
https://quelquesideesrecuessurlenergie.wordpress.com/2011/12/10/ideerecue-n15-le-chauffage-electrique-est-une-inepsie/
Idée reçue n°33 :  » Les pics en hiver de la consommation électrique (couverts par les énergies fossiles) sont liés au chauffage électrique  »
https://quelquesideesrecuessurlenergie.wordpress.com/2012/08/31/idee-recue-n33-les-pics-en-hiver-de-la-consommation-electrique-couverts-par-les-energies-fossiles-sont-lies-au-chauffage-electrique/

PPE : « Pire Politique Énergétique » de l’Histoire ? Ou « Programmation Pluri-annuelle de l’Energie » ?

Vu cette PPE : Le PS n’est plus social ni écologique. Au delà de quelques promesses fantaisistes non financées (1 million de prises VE en 2020, promesses présidentielles d’ isolation accélérée des bâtiments,…) il préserve sa réserve de voix vertes pour les prochaines élections. Au lieu d’éduquer pragmatiquement les citoyens sur une politique écologique efficace pour le CO2 et le pouvoir d’achat (5 milliards €/an de surcoût inutile pour les classes moyennes).

Retoquée, elle ne réjouit que le SER, lobby vert financeur d’élus, de journaux et d’industriels en conflits d’intérêts électoral. Et ne séduit même pas les environnementalistes « de la paix verte », vu les mensonges à propos du nucléaire qu’on leur a fait miroiter indument d’ici 2050.
Le plus grave : cette PPE va dégrader notre bilan CO2 (et économique/écologique) au lieu de tendre vers le -80% de CO2 exigé par la COP21.

Source 1:

Comment bâtir une #PPE alors que les hypothèses sur lesquelles elle repose sont contestables? notes de https://t.co/S3a3Eo5iKw

Source 2:
#UARGA Commentaires sur le « Projet de Programmation Pluriannuelle de l’énergie » (#PPE) (11 octobre 2016) https://t.co/21J1pJnERl
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Actualités associées :

 » PRESIDENTIELLES 2017 : Adresse aux politiques

10 Questions : quelle place pour l’énergie en France et en Europe ?  »

@Passages_ADAPes 

http://www.passages-adapes.fr/activités/présidentielles-10-questions/ 
Commentaire: 

Vu le fiasco de nos ministres de l’énergie PS, qui osera encore la confier au ministre de l’environnement à l’avenir ? Le ministère de l’industrie saurait finalement être bien plus écologique. 
Et peut-on réélire un tel gestionnaire Président ? Qui place un idéologue à la tête d’une RTE publique ?

FH et SR ont du mérite pour la Cop21 et ne sont pas responsable de tout, mais ils nous poussent dans l’abîme. Faut-il un Trump français pour faire entendre raison au PS ? Notre indignation ne doit plus être murmurée. L’heure est grave. 
Cette PPE déséquilibrée place délibérément la France dans une ornière, ce dont on se serait bien passé actuellement.

La droite sera obligée de la détricoter pour le bien du climat, et la gauche s’en offusquera inutilement.
Article d’analyse: 

Pendant ce temps, le récent rapport de la cour des comptes est négligé et l’excellent rapport de l’Institut Montaigne dort dans un placard Vert en attendant 2017… 

http://www.institutmontaigne.org/fr/publications/nucleaire-lheure-des-choix 
Cerise sur la gâteau, l’indispensable ASN fait de l’excès de zèle et nous menace d’un black-out en Europe aux périodes de grands froids en interrompant dans une panique évitable et très dommageable 21 réacteurs sur 58 (coût cette année : 1 Milliard d’euros) dont la teneur en carbone n’exige pas ces délais si courts.

(Source : https://quelquesideesrecuessurlenergie.wordpress.com/2016/11/07/idee-recue-n54-la-cuve-de-lepr-nest-pas-la-plus-sure-du-monde-car-lasn-a-emis-un-doute/

Conséquence : paupérisation d’EDF donc affectation de la sécurité.
Coût si un black-out intervient : 10 millards €/jour d’interruption en France.
Chiffrage officiel Suisse d’un black-out :

http://www.strom.ch/fileadmin/user_upload/Dokumente_Bilder_neu/010_Downloads/Basiswissen-Dokumente/29_Blackout_electrique_fr.pdf)
Impact notamment : renonciation à fermer les centrales à charbon pourtant non rentables, et achat massif de groupes électrogènes renforçant les fossiles.

Ce qu’on demande parfois à un politique : ne rien faire pour survivre politiquement.. (qui puisse altérer le fonctionnement d’une industrie sûre).

« 100% EnR en 2050 » dit un membre de Stanford : un scénario …scientifique ? ou de type partisan, sans fondement solide ?

Le scénario de Mark Z Jacobson, tout séduisant qu’il soit, est désormais réfuté ici vu ses énormes lacunes sur le stockage à financer pour absorber l’énorme intermittence de son éolien et solaire (et autres articles sur ce blog):

http://energie-crise.fr/spip.php?article225


Autres sources :

http://atomicinsights.com/jacobson-quotes-low-end-of-unreliables-price-estimates/
https://bravenewclimate.com/2009/11/03/wws-2030-critique/ 

https://m.reddit.com/r/energy/comments/4c8ywq/are_there_scientific_reviews_of_mark_jacobsons/

A critical review of global decarbonization scenarios: what do they tell us about feasibility?

http://onlinelibrary.wiley.com/doi/10.1002/wcc.324/full (payant)

Lien direct : http://www.qualenergia.it/sites/default/files/articolo-doc/wcc324-1.pdf

« In this scientific paper, Jacobson’s plan is judged the least realistic. »

Prove This Is Wrong. ?

http://sunweber.blogspot.fr/2014/11/prove-this-wrong.html

 

« La transition énergétique coûtera 520 milliards d’euros en 2025 » en Allemagne…pour autant de CO2.

Extrait de :

Energiewende kostet 520 Milliarden Euro bis 2025

http://www.insm.de/insm/Themen/Soziale-Marktwirtschaft/Gesamtkosten-Energiewende.html

Traduction :

« Das wichtigste in Kürze – principaux résultats en bref.

La pourcentage des renouvelables dans le mix électrique (Verbrauch : consommation) croît régulièrement. Il était en 2015 de 32,6%. L’objectif 40/45% en 2025 devrait donc pouvoir être atteint.

Pour la période 2000-2015 – les coûts directs de l’Energiewende – subvention (Umlage) directe et supplément KWK (cogénération) – ont été de 133 Mds €. Dont 125 pour la seule Umlage. D’ici 2025, les évaluations sont de 425 Mds dont près de 283 pour l’Umlage.

Les coûts indirects – d’abord ceux du transport HT et de la distribution – sont estimés à 56 Mds d’ici 2025.

A cela il faut ajouter l’haftungsumlage (il doit s’agir ici d’une taxe permettant le financement  du raccordement à la terre des éoliennes off-shore), les coûts du redispatching ainsi que ceux de la gestion de l’Umlage, des réserves de capacité et Klimareserve. Soit 3,5 Mds pour la période 2000-2015 avec une estimation de 15,05 pour la période 2000-2025.

Pour accompagner les objectifs, le gouvernement fédéral – à travers la banque KfW – offre des réductions d’intérêt qui correspondent à une subvention de 3,74 Mds € pour la période 2000-2015. 5,98 Mds d’ici 2025.

Le gouvernement fédéral et les Länder ont financé la R&D pour 4 Mds € pour la période 2000- 2015. On prévoit 8 Mds pour la période 2016-2025. Soit un total de 12 Mds.

La promotion des renouvelables a bouleversé le fonctionnement du marché, ce qui a conduit à des pertes de valeur considérable chez les producteurs historiques.

Le coût total de l’Energiewende se monte à 150 Mds € pour la période 2000-2005, sans compter le coût de développement des réseaux. 520 Mds d’ici 2025, y compris le coût de développement des réseaux.

Soit 6.300 € par habitant.

Pour la période 2016-2025, cela correspond à une charge de 37,50 € par habitant et par mois. »

Fin de l’extrait.

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NDLR: Tour ceci pour ne presque rien gagner en CO2. Une bombe climatique.

Juste fermer 3% des centrales électronucléaires les plus sûres du monde. Était-ce la priorité ?

Imaginez combien de GtCO2eq le monde aurait pu économiser avec cette somme consacrée au remplacement du charbon par des surgénérateurs..? 100 GW ? 10% du péril climatique évité par l’amorçage du mix #MessageSupplyN ?


Malheureusement le 100% renouvelable sans surgénérateurs renouvelable est totalement illusoire. L’Allemagne le sait mais joue la montre.

En effet l’hypothétique « 40% » cache que beaucoup de ces électrons ne sont pas consommés sur place. Ils doivent s’en débarrasser à bas prix s’il y a beaucoup de vent, vers des pays carbonés (Pologne, Italie, Pays bas,.. ) ou pas (France, Suisse, Autriche, Belgique, Tchequie, Suède, Slovénie)

Exemple le scénario de Mark Z Jacobson réfuté ici (et autres article sur ce blog):
http://energie-crise.fr/spip.php?article225

http://atomicinsights.com/jacobson-quotes-low-end-of-unreliables-price-estimates/
https://bravenewclimate.com/2009/11/03/wws-2030-critique/ 

https://m.reddit.com/r/energy/comments/4c8ywq/are_there_scientific_reviews_of_mark_jacobsons/

A critical review of global decarbonization scenarios: what do they tell us about feasibility?

http://onlinelibrary.wiley.com/doi/10.1002/wcc.324/full (payant)

Lien direct : http://www.qualenergia.it/sites/default/files/articolo-doc/wcc324-1.pdf

« In this scientific paper, Jacobson’s plan is judged the least realistic. »

Prove This Is Wrong. ?

http://sunweber.blogspot.fr/2014/11/prove-this-wrong.html

 

Le Ressec.

Fessenheim :acharnement politico-médiapartique

Fessenheim, deux réacteurs parmi les 58 que compte la flotte nucléaire nationale, certes les plus anciens, mais de quelques mois seulement, certes frontaliers, mais ils ne sont pas les seuls, alors pourquoi cet extraordinaire focus qui dure depuis cinq ans alors qu’aucun autre déterminant ne les désigne :

– pas la sûreté de conception, reconnue par L’ASN, conforme aux canons les plus actuels, en particulier les normes post Fukushima,

– pas la sûreté d’exploitation classée dans le quartile supérieur dans les derniers exercices, toujours selon l’ASN, 

– pas l’efficacité économique, jugée parmi les meilleures en termes de disponibilité et de coûts d’exploitation.
Ce sont en réalité des otages politiciens (politique est un mot bien trop noble pour qualifier ces manœuvres néfastes), ce sont des symboles totalement fabriqués pour l’opinion, les premiers dominos à faire chuter dans une cascade qu’on voudrait délétère pour toute une filière.
Autrement dit, ces réacteurs qui ont toujours rempli leur cahier des charges et pourraient le faire encore pendant une décennie au moins, ont été choisis comme les premiers objectifs d’une blitzkrieg anti nucléaire, parce qu’en des temps favorables, il fallait attaquer au plus tôt et que les stratèges de la campagne pensaient, à tort, pour les fausses raisons précitées, si faciles à vendre, pouvoir les enlever sans coup férir.
Mais se battre contre les faits et la logique s’est révélé plus âpre que prévu.

Il est en effet difficile de décréter, du fait du prince, mal conseillé en la matière, qu’il est rationnel de fermer sans raison impérative, une installation industrielle génératrice fiable de courant, alimentant rationnellement toute une région, pourvoyeuse d’un grand nombre d’emplois qualifiés directs et indirects et présentant encore un fort potentiel technico-économique.

Une promesse, fut-elle celle d’un Président doté de pouvoirs très étendus, a besoin d’un substrat autre qu’une combine politicienne.
La longue saga indigeste, que cherche à relater Mediapart (Fessenheim, récit d’un arrêt raté par un pouvoir irrésolu. https://blogs.mediapart.fr/guillaume-blavette/blog/300816/fessenheim-recit-dun-arret-rate-par-un-pouvoir-irresolu)

avec un éclairage qui fait porter toute l’inertie de l’affaire (comprendre sabotage) sur le torve lobby de l’atome, n’évoque pas un instant le caractère totalement artificiel, de cette focalisation.

L’objectif désigné n’est jamais discuté au fond, ni même en surface d’ailleurs, car considéré d’abord comme le commencement d’un grand nettoyage de la machinerie nucléaire (de la mine à CIGEO) et de ses miasmes.

Quand la dialectique est à la peine, l’outrance et les arguties sont en terrain propice, qu’on en juge, car selon l’article de Mediapart précité :
« La filière nucléaire est décidément un navire à la dérive dont personne n’ose prendre la barre. Aurait-on oublié qu’il fonce vers la catastrophe ? qu’à chaque instant les réacteurs déversent leurs poissons dans l’environnement au péril de la santé publique ?
Il est encore temps de réagir. L’arrêt immédiat de Fessenheim, des autres réacteurs, de l’EPR, de Cigéo est possible si tant est que chacun se mobilise ».
Vient alors à l’esprit cette phrase de Churchill au lendemain de la victoire de Stalingrad : « ce n’est pas la fin, ce n’est même pas le commencement de la fin, mais c’est la fin du commencement » et pour les antinucléaires, la « victoire de Fessenheim » aurait clairement présenté les mêmes potentialités radicales que sa glorieuse devancière.
Contrairement à ce qui a été dit, ce n’est pas le pseudo lobby qui tient bon, il a su en d’autres temps se montrer souple, se croyant stratège en acceptant sans trop regimber l’arrêt de Superphénix, mais ce sont d’abord les personnels concernés, qui connaissent mieux que personne les machines qu’ils exploitent au quotidien, fruit d’une longue cohabitation avec des réacteurs qu’ils ont contribué à garder en ligne avec les exigences de sûreté et d’opérationnalité du jour.

Ils ne travaillent pas dans le cadre industriel crépusculaire que les media font imaginer, car tout au contraire, le « housekeeping » de ces installations complexes est remarquable.
Il a fallu aussi compter avec les collectivités et leurs élus qui cohabitent au long cours avec l’installation, aptes à mesurer sur le terrain les dommages que provoquerait cette fermeture inconséquente, mais aussi la vacuité des divers ersatz proposés.
Mais, même en cas d’alternance présidentielle et législative, le soldat Fessenheim ne serait pas sauvé pour autant. La présente mandature aura réussi -in extremis- à miner le terrain en prenant les décrets d’arrêt. Et même si les réacteurs seront encore en fonctionnement au moment d’une éventuelle bascule politique, revenir sur ces actes pourrait demander une nouvelle enquête publique, terrain propice à voir refleurir les pires avanies contre l’atome…et le courage politique se verrait alors vertement challengé par la pusillanimité.
Gérard Petit.